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samedi 27 mars 2010

Les contrastes de Karkwa

Photo Jimmi Francoeur

Dans le journal "Le Soleil" : Avec Les chemins de verre, la formation Karkwa propose un quatrième disque fait de contrastes, de dualité.

(Québec) La vie, la mort. Le bonheur et le désespoir. L'ombre et la lumière. Les chemins de verre, le quatrième disque de Karkwa, que l'on pourra acheter mardi, est fait de contrastes marqués, comme la pochette en noir et blanc, une oeuvre de Marc Séguin.

Qu'est-ce qui a inspiré cette dualité? Le chanteur Louis-Jean Cormier ne le sait trop, il manque encore de recul. Mais «le creux de la spirale», les idées noires, «les yeux vides et froids qui escortent la mort», images qui parcourent le disque, ne sont probablement pas étrangères à la fatigue immense qui a gagné les membres du groupe au cours d'une tournée de plus de 120 dates au Québec, en France et aux États-Unis, dans les 18 mois qui ont suivi la sortie du précédent album, Le volume du vent.

«La chanson Les chemins de verre paraîtra abstraite pour qui l'écoute, mais pour nous, ça représente concrètement la fin de tournée. On se sentait comme des mutants, fatigués, toujours en camion. Et le contrepoids, c'était l'amour des fans. C'était la première fois qu'on jouait toujours dans des salles pleines. Nous, on était gris, mais ça contrastait avec le rêve que le public nous renvoyait», se rappelle Cormier.

L'image des chemins de verre, c'est celle de la fragilité. L'album a été écrit en pleine tournée, dans la spontanéité, mais aussi dans des moments d'épuisement, et les membres du groupe se sont dit : «Ce disque, ça passe ou ça casse».

S'éloigner du quotidien

Peut-être plus encore qu'avant, les paroles des chansons s'approchent de l'abstraction. L'expérimentation musicale, elle, est poussée plus loin. Des morceaux de mélodie pop côtoient des segments audacieux et étranges; les contrastes ne sont pas que textuels. Le groupe est d'ailleurs très fier d'avoir composé des mélodies simples et des textures sonores complexes.

«Notre objectif est assez simple : on veut arriver à faire quelque chose d'universel, mais qui a de la profondeur. C'est difficile d'arriver à ça», souligne Cormier.

En fait, Karkwa aime bien flirter avec la pop, et même avec le kitsch, mais sans jamais s'y engager.

«Trouver le moyen de le contourner m'excite; les gars aussi. Karkwa n'a jamais donné tout, tout cuit dans le bec. Le groupe a toujours brouillé les cartes avec plaisir.»

Brouiller les cartes semble aussi la devise dans l'écriture des textes, que l'on n'est jamais certain de bien comprendre. Louis-Jean Cormier et encore plus Julien Sagot, qui signent les paroles des chansons, carburent à la suggestion. Ils cherchent des images poétiques pour s'éloigner du quotidien, du réel, du tangible, du concret.

«Faire un disque complet à la Lynda Lemay, écrit toujours dans le quotidien, ça m'agacerait. J'ai besoin de quelque chose d'éthéré, précise Cormier. Douze hommes rapaillés, autour de l'oeuvre de Gaston Miron, m'a beaucoup nourri. Ça m'a dit qu'on peut se permettre bien des choses et qu'il y a une liberté qu'on ne s'offre pas assez. À la fin d'une de nos chansons, il faut qu'on retienne quel­que chose, mais il faut aussi que ça laisse perplexe.»

Louis-Jean Cormier dit qu'il serait triste si on ne retenait pas les mélodies de Karkwa puisque le groupe s'attarde beaucoup à cet aspect des chansons. Mais il serait content que chaque paire d'oreilles retienne quelque chose de différent.

Même si Les chemins de verre est très influencé par la musique anglo-saxonne, il fait songer aussi, par moments, à Harmonium et, un petit peu, à Beau Dommage. C'est à cause des harmonies vocales, qui n'ont jamais été aussi présentes, et à cause du chant de Louis-Jean Cormier, placé quel­ques tons plus haut qu'avant (d'où l'évocation de Serge Fiori). Mais au-delà des choeurs, on sent l'idée du groupe plus forte que jamais sur ce disque.

«Je pense que c'est relatif à la méthode de travail. Avant, on avait l'impression qu'il fallait jouer en studio les cinq en même temps. Là, on a travaillé en cellules, le piano, puis la batterie et ainsi de suite. On avait un recul et, parfois, quelqu'un s'effaçait pour mieux servir la chanson et, d'autres fois, on ajoutait une piste de batterie après le piano. Ça donne un disque plus vivant, même s'il est bricolé par morceaux.»

Une pause avant la tournée

Avant de repartir en tournée, Karkwa s'offrira un répit et laissera ses fans s'approprier les nouvelles compositions. Fini le temps où le groupe se sentait obligé d'accepter tous les contrats pour assurer sa survie; cette fois, il va gérer son emploi du temps.

Et puis, il faut bien s'arrêter un peu : Louis-Jean Cormier attend un deuxième enfant dans deux ou trois semaines et le pianiste François Lafontaine deviendra papa en juin. Alors la scène, ça ira à l'automne!

Article de Valérie Lesage, Le Soleil,Publié le 27 mars 2010

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