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jeudi 5 mars 2009

Louis-Jean du groupe Karkwa : « L’engagement n’est pas prémédité »


[Commentaire Gabnews : l'article n'évite pas les poncifs et autres clichés mais je le mets quand même ici car plutôt sympathique dans son ensemble d'autant que ce n'est sans doute pas le dernier du genre à venir. Par contre la photo coupée sur leur site c'est pas sympa du tout]

Découverte : Le groupe de rock québécois Karkwa débarque à la Vapeur le 10 mars, pour offrir un beau cadeau à leurs spectateurs : une expérience inédite.


Karkwa, à la base, c’est un étui pour les flèches. Enfin, en bon français, on écrit cela un carquois. Il faut dire que ce groupe n’est pas de chez nous, mais il est bel et bien canadien. Ces quatre [Gabnews : cinq, je rectifie] potes font du rock atmosphérique : « c’est tellement vaste le rock, ça peut aller de Johnny à Coldplay », remarque malicieusement Louis-Jean.

La grande particularité du groupe est de chanter uniquement en français, alors que dans le même temps, nos groupes hexagonaux, eux, préfèrent les textes en anglais. A chaque fois, nos artistes se défendent en affirmant que la langue d’Elisabeth II est plus musicale. « Nous chantons en français, car nous sommes francophones. C’est notre langue maternelle. Pour nous, cela allait de soi de chanter en français. C’est aussi un désir d’innover autant dans l’écriture que dans la musique. » Un défi d’écrire en français ? Pas seulement.

Pour ces troubadours de la bonne humeur, notre langue possède la qualité d’amener les pensées à une profondeur et à une légèreté quasi impossibles avec l’anglais. «Avec une chanson d’amour, par exemple, pour éviter de tomber dans le côté sucré, il est préférable d’avoir un certain bagage. C’est en français qu’on est le plus à l’aise. Mais avec nos chansons francophones, nous tournons aussi aux Etats-Unis et dans le Canada anglophone. Pour eux, cela a un petit côté exotique », raconte Louis-Jean.

Délaisser leur langue maternelle au profit de la facilité anglaise n’est décidément pas du goût des Québécois. Comme le village gaulois d’Astérix, cette région canadienne se bat pour son exception culturelle. « C’est un geste politique, nous sommes entourés d’anglophones et on sent que notre langue est un peu en péril; chez-vous, vous n’avez peut-être pas ce problème.» Si seulement…

L’anglais débarque en France progressivement, mais heureusement, nos « cousins » du Québec, eux, défendent nos racines communes. Il suffit de voir un groupe comme No one is innocent. Ce sont des Français qui chantent en anglais, ce qui amuse Louis-Jean : « quand on chante en France, on joue avec des groupes locaux. Mais nous sommes les seuls à jouer en français, c’est drôle ! ».

Enfin un groupe francophone qui exporte la langue française jusqu’aux Etats-Unis. C’est vrai, nous avions l’habitude de ce genre d’exploit avec Céline Dion. Référence qui amuse notre ami : « on vous a envoyé quelques trucs qu’on aimait moins ici. Ça fait du bien de se débarrasser de Garou aussi ! » D’ailleurs, pour les frais de nourrice, on s’arrange comment ? Passons…

Plus sérieusement, la musique québécoise est trop souvent caricaturée par ces exemples de Dion ou Garou. Pourtant, des groupes comme les Cow-boys fringants ont déjà pu entraîner nos oreilles au doux accent québécois : « il existe une nouvelle génération qui est en feu et qui souhaite s’exporter. Avec l’internet, on a la possibilité d’aller jouer dans des pays non francophones. »

Dommage que nous soyons obligés de compter sur nos cousins d’outre-atlantique pour sauver notre langue. Heureusement, quelques groupes de rock restent fidèles à leurs racines, et leurs musiques traversent régulièrement l’océan : « je connais les Dionysos, les Wampas, Olivia Ruiz. Je n’ai pas l’impression que les Français chantent beaucoup en anglais quand je suis au Québec. Mais c’est flagrant quand nous arrivons en France. Nous sommes surpris que tout le monde chante en anglais. Il faut dire aussi que vous êtes moins submergés d’anglophones que nous. »

Ce côté engagé est présent dans les textes de Karkwa « mais nous aimons aussi les histoires absurdes ou d’amour. Nous ne voulons pas un aspect revendicatif à tout prix. Nous avons cependant des thématiques comme le rude hiver. Ici beaucoup de jeunes décèdent de l’hiver. Le parcours de Bush nous a inspiré. L’engagement dans nos chansons n’est pas prémédité. Cela arrive par flashes ».
Un flash éblouissant laissant sous le charme la moindre oreille vexée de n’entendre que de l’anglais ou de la soupe française. Karkwa est un laboratoire musical dont les expériences sonores laissent pantois les maudits niaiseux de la bande FM .

par Jérémie Demay, la gazette de la Côte d'Or - 05/03/2009

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