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dimanche 14 novembre 2010

Entrevue Karkwa pour Confront Magazine

Concours, influences, rock multi-grain, Polaris, polémique, Amérique, France, gitanes,  band de rock français qui chantent en anglais, genuine, y'a plus d'heure,  douches françaises, Marie tu pleures, vidéos, dessins, le golf, Mr Patate, voilà tout ce que vous retrouverez et quelques autres choses dans cette longue entrevue de Karkwa accordée à Confront Magazine.

Entrevue Karkwa

 November 10th, 2010 - Written by Lili


 CONFRONT: Pour commencer, je vais retourner dans le passé un peu. Est-ce que je pourrais avoir un peu d’histoire de Karkwa?

LOUIS-JEAN: Histoire de Karkwa? Karkwa.com!
*rires*

CONFRONT : Ouais mais plus poussé que ce qui est sur le site?

LOUIS-JEAN : On a commencé un band en ’97-’98 pour un concours qui s’appelle Cégep en Spectacle. Et on se retrouvait à être au cégep. C’est beau hein?

FRANÇOIS : On a pas gagné.

LOUIS-JEAN : Martin est arrivé un tantinet après et on a fait un autre concours en 2001 qu’on n’a pas gagné. C’était les Francouvertes. Et après, on a fait ben des shows, ben des tournées et on fait d’autres projets un peu ici et là mais Karkwa existait toujours depuis ce temps-là, flottait dans nos têtes.  À un moment donné, on a fait un disque, en 2003; Le pensionnat des établis. Après ça, la tournée, un autre disque, la tournée, un autre disque, la tournée, un autre disque et nous voilà au début d’une tournée.

 CONFRONT : C’est rendu votre routine?

FRANÇOIS : Ouais! Et pas gagner!
*rires*

CONFRONT : Et vous avez un son particulier. Comment est-ce que vous êtes arrivés à vous dire que c’est ce son-là que vous vouliez?

FRANÇOIS : On s’est jamais dit qu’on voulait un son. Tu finis juste par faire des affaires et à un moment donné, tu sais ça marche. Ce qui est le fun en faisant des disques, c’est comme un miroir, un reflet de ta personnalité musicalement. Après chaque album, ce qu’on regarde c’est ce qui marche, ce qui marche pas, ce qui est cool…et à un moment donné, tu ramasses certains éléments d’album en album et tu mix ça avec d’autres trucs musicales tsé…musicaux! Des trucs musicaux!

LOUIS-JEAN: Musicaux-co-co!
*rires*

CONFRONT : Quelles ont été vos influences au fil des années?

LOUIS-JEAN: Plein d’affaires!

FRANÇOIS: Si on se mettait à énumérer tous ces…je pense qu’on est influencé par certains courants qui étaient soit là à l’heure actuelle ou qui ont passé, mais des compositeurs minimalistes ou des songwriters folks américains ou des groupes britanniques d’antant et d’aujourd’hui. Comme les Beatles, Led Zeppelin pis autant Radiohead pis plein d’autres comme ça. Mais j’ai l’impression que ça y va plus par vague et on a tous eu un baggage de jazz et de musique classique quand même et ça a mijoté dans nos têtes. Martin vient du rock un peu plus heavy…

MARTIN : Mais je me rends compte que dans les dernières années j’écoutais beaucoup de musique que ya pas de band.

CONFRONT : Comme qui?

LOUIS-JEAN: Des chanteurs et des trucs très soft-core ou très dépouillé.

MARTIN : Ouais.

LOUIS-JEAN: On a ben aimé ça aussi. Ça va par courant.

FRANÇOIS: T’as écouté du rock…agricole?

LOUIS-JEAN: Du rock équestre! Non! Multi-grain!
*rires*

CONFRONT : Parlons de votre album un peu maintenant.

LOUIS-JEAN: Ben oui!

CONFRONT : Ces temps-ci ça va main dans la main avec un gros félicitations pour le prix Polaris.

TOUS : Merci!

CONFRONT : Donc vous, je sais que vous ne vous y attendiez vraiment pas.

LOUIS-JEAN : Non! Je pense que personne s’y attendait tu sais! Par rapport peut-être à la barrière de langue mais en même temps, c’est comme un dossier qui sert à rien d’aborder. On s’en fout de la langue, finalement! Je pense qu’en 2010, c’est justement peut-être ça que ça représente le Polaris!

MARTIN : Un autre défi aurait été de pas aborder cette histoire-là.

LOUIS-JEAN: Ouais sauf que c’est pas nous qui l’avons fait c’est le Globe and Mail qui a eu une espèce de…comme une espèce de polémique qui est arrivé après. Finalement, on s’est rendu compte qu’il y avait encore beaucoup de gens dans l’ouest canadien qui voient le français comme une langue très étrangère.

CONFRONT : Ah ouais?

 LOUIS-JEAN : Ouais mais il y en a beaucoup, je pense que c’est la plupart des gens qui vont graviter autour d’un prix comme le Polaris, qui sont vraiment à l’afut des nouvelles affaires, qui sont au courant et peut-être qui tend à être une génération un peu plus…jeune? Pis finalement, quand on était là au Polaris pour les entrevues, pour les médias, pour tout le monde, c’était comme si tout le monde trippait sur le fait qu’on chantait en français.

FRANÇOIS: Ils sont généralement très respectueux aussi la-bas. Peut-être aussi qu’ils sont en train de se dire qu’ils passent peut-être à côté de quelque chose dans leur propre pays. Je veux dire, c’est un pays qui est vaste, qui est grand et c’est sûr qu’au Québec, il y a une majorité de francophones et il y a de la culture aussi. Musicalement, c’est très enrichissant.

MARTIN : Mais c’est quand même dépassé. C’est tout le temps ailleurs que c’est “in” [d’utiliser les expressions francophones comme “rendez-vous”].

LOUIS-JEAN: Ouais mais je pense que  ça tend à changer et c’est ben correct.

MARTIN : Mais c’est pas les musiciens qui vont parler de ça. C’est le monde qui ont un publique et ils veulent leur flasher des affaires et c’est facile! C’est vraiment facile.

CONFRONT : On sait jamais, vous avez peut-être parti un mouvement pour d’autres bands…

LOUIS-JEAN: Ce qui est sûr, c’est qu’on était ben content que la polémique soit là parce que ça a doublé quasiment la promotion relié à ce prix-là. Nous autres, on est les premiers francophones à le gagner pis on est même les premiers artistes francophones à gagner un prix qui dessert le Canada, toutes les provinces et toutes langues confondues. C’était vraiment intéressant et on est choyé, on trouve ça gratifiant mais en même temps, il y a des retombées qui sont le fun. On s’est fait contacté par plein d’agences, des tourneurs nord-américains qui sont très enchantés et qui aimerait ça nous avoir dans leurs rangs. Ça fait en sorte qu’on est très excité que peut-être que notre avenir va changer pas nécessairement parce qu’on va avoir la gloire mais plus pour changer notre vie au quotidien. Au lieu de faire 8 fois le tour du Québec, peut-être qu’on va se promener ailleurs.

CONFRONT : Mais vous avez aussi beaucoup de succès en France! Est-ce qu’il y a une différence entre le public français et le public québécois?

FRANÇOIS : C’est un public qui est très dissèque en France. Quand ils te connaissent pas, ils écoutent beaucoup. C’est pas des gens qui vont réagir systématiquement après chaque chanson mais au moment qu’ils connaissent la musique et qu’ils connaissent les paroles, là ils deviennent complètement fan et fou. On a vécu la même chose quand on a fait la première partie des Cowboys Fringants et ça commençait vraiment à décoller pour eux-autres. On devait jouer à L’Élysée Montmartre et les gens chantaient du début à la fin, toutes les chansons et les deux bras dans les airs.

LOUIS-JEAN : Il restera toujours une question de nous autres, on n’est pas en mesure de répondre s’il y a une grande différence entre un public français et québécois. Je pense que du moment où on va être aussi populaires là-bas qu’ici, on va peut-être être capable de le dire. Parce qu’ici, comme ce soir, on joue au Métropolis et les gens vont être relativement excités, ils connaissent les chansons et tout ça. Là-bas, c’est…

FRANÇOIS : C’est un petit pays mais immensément peuplé et où tout le monde va [en tournée]. Alors ils ont accès à tellement d’affaires! De faire sa place là, c’est sûr que c’est pas donné.

MARTIN : On n’a pas vu beaucoup de bands et de chanteurs français là-bas.

CONFRONT : Ah non?

LOUIS-JEAN : Non. Il y en a presque pas. En fait, il n’y en a pas.

MARTIN : Il y en a pas!

LOUIS-JEAN : Il y en a mais ça se situe plus dans la musique festive, gitane. Ils ont un gros bagage de gitanes, de chansons…même à la limite, des chansons « World Beat », avec des teinted de reggae et de ska, des affaires comme ça. Il y en a pas mal des bands comme ça. Des bands de rock en France, qui chantent en français, il y en a eu mais là en ce moment, il y a pas grand-chose.

CONFRONT : C’est sûr que les gens ont souvent la mentalité que pour avoir plus de chances de percer, ils doivent chanter en anglais.

LOUIS-JEAN : Mais pourquoi? Ça sert à rien! Finalement, les bands qu’on a croisé qui sont relativement populaires en France et qui chantent en anglais, ils ne jouent pas ailleurs. Ils jouent ni aux États-Unis, ni au Canada, ni en Angleterre.

MARTIN : Leur anglais est trop mauvais!
*rires*

LOUIS-JEAN : C’est con mais ils ont un accent qui fait peut-être un certain malaise ailleurs. C’est pas un bon argument tant qu’à moi mais c’est peut-être juste parce que les anglais d’Angleterre mettons, ils voient arriver des petits bands français qui chantent en anglais et ils ont déjà un espèce de préjugé. Parce que nous, on dirait qu’on arrive de nulle part avec notre français québécois de bûcheron mais on dirait que ça nous sert plus. On est allé jouer en Angleterre, on est allé jouer aux États-Unis et les gens sont tout le temps plus curieux.

 FRANÇOIS : Ça reste plus authentique.

CONFRONT : Ça c’est vrai.

LOUIS-JEAN : C’est vraiment plus genuine!

FRANÇOIS : C’est genuine!
*rires*

CONFRONT : En fait, votre album a été enregistré à Paris. Est-ce que ça l’a été différent cette fois-ci parce que c’était enregistré là-bas, par rapport aux autres albums?

LOUIS-JEAN : Ben forcément, ça a été différent.

MARTIN : Ouais on avait nulle part où aller…

 FRANÇOIS : Juste la façon d’enregistrer aussi. Normalement, on a toujours fait de la pré-prod pour chaque disque, tandis que là, on n’avait pas prévu de faire un disque. On avait juste du temps libre entre les concerts là-bas pendant des tournées européennes alors on s’est dit qu’on allait voir ce qui pouvait se passer dans un studio sans avoir nécéssairement répété des chansons. On s’est juste pointé là et finalement…

LOUIS-JEAN : On a embarqué dans un gros bateau. Mais comme Martin disait, on était aussi sur place, on était déconnecté de nos familles, nos amis et même la communauté artistique québécoise. On n’étais plus dans ce buzz là, on était dans un buzz isolé et je pense que je vais avoir de la misère à refaire un disque ici au Québec, sans être relativement isolé d’un certain monde normal.

FRANÇOIS : C’est qu’à toute heure de la journée, ou de la nuit, si t’avais une idée, tu pouvais l’enregistrer. On couchait là. L’espace-temps…

MARTIN : Il y a plus d’heure.

FRANÇOIS : C’est ça, il y a plus d’heure. Tu vis au rythme de la musique, de ce qui t’inspire et le côté créatif de tout ça. Ce qui a surtout été le fun, ça a surtout été des bonnes bouffes avec beaucoup de vin!

LOUIS-JEAN : Beaucoup, beaucoup de vin avec un peu de bouffe.
*rires*

MARTIN : Pis prendre sa douche en petit bonhomme!
*gros éclat de rire*

LOUIS-JEAN : Là-bas, il y a pas souvent la grosse douche! Souvent, c’est le petit téléphone et ils ont même pas le petit crochet pour accrocher le petit téléphone alors tu mets de l’eau partout.

CONFRONT : Vous auriez pu vous en faire un! Accrocher quelque chose pour ça…

MARTIN : Ben non! Nous on veut goûter au pays!
*rires*

CONFRONT : Donc votre premier vidéo pour le CD, c’est…

LOUIS-JEAN : No comment!
*rire*

LOUIS-JEAN : Le premier vidéo, vas-y?

CONFRONT : Ouais, c’est pour Marie tu pleures. Alors pourquoi le choix derrière cette chanson-là?

LOUIS-JEAN : C’est encore un français.

MARTIN : Ils sont tannants!
*rires*

LOUIS-JEAN : C’est encore un français qui nous a suivi en tournée au Québec et là-bas aussi mais au Québec, il a fait un montage vraiment live d’un show qu’on a donné acoustique au Petit Champlain à Québec. Quand on a vu ça…on n’a jamais voulu vraiment faire un vidéoclip où on jouait dedans.

MARTIN : Surtout pas avec un guitariste qui joue de la guitare et un chanteur qui chante. Sauf qu’un moment donné, on s’est fait dire que ça prendrait peut-être ça.

 LOUIS-JEAN : C’est même pas parce qu’on se faisait dire ça plus que là on l’a vu et a trouvé ça pas pire! On est la, on joue la toune et c’est ça qu’on entend. Tandis que jouer dans un vidéoclip, faire un rôle…

MARTIN : On a une couple avec des dessins mais à un moment donné, c’est parce que…

LOUIS-JEAN : L’animation, on a donné alors là…

MARTIN : On n’a pas pris encore de ‘acting’ vraiment…

LOUIS-JEAN : Ouais c’est ça. On n’est pas capable! On n’est pas des bons comédiens.

CONFRONT : Alors ça, c’est pas dans les plans futurs? Mais prévoyez-vous d’autres vidéos

LOUIS-JEAN : Ben il y en a un qui est en train de se faire sur la chanson Pyromane. On ne sait pas quand est-ce que ça va être prêt mais ça a l’air vraiment très cool le synopsis. Mais on dirait qu’on a un détachement par rapport aux vidéoclips depuis l’album Le volume du vent. On s’en est vraiment moins mêlé. On a juste lu les synopsis. On travaille avec des gens de confiance puis des gens qui nous connaissent bien, des amis. Et on partage un peu le ‘brainstorming’, les rencontres d’idées, mais je pense qu’à un moment donné, il y a un team qui se forme et t’as plus besoin de ré-expliquer à des nouveaux gens que tu veux pas faire ci…

MARTIN : Que tu veux pas jouer dans le vidéo.
*rires*

CONFRONT : Je vais maintenant vous poser ma dernière question, qui est de dessine quelque chose qui vous représente. Vous devez ensuite me l’expliquer.

LOUIS-JEAN : Quelque chose qui me représente, moi? Bon ben ça peut ressembler à ça! Je suis un golfeur. Pas très rock mais j’ai pas peur de le dire!

MARTIN : Moi c’est un bonhomme que j’ai dessiné quand j’étais plus jeune et j’ai arrêté de dessiner par la suite!

LOUIS-JEAN : C’est Mr. Patate! Parce qu’il aime beaucoup les patates!

MARTIN : Et pas de cheveux aussi.

LOUIS-JEAN : Ouais il représente la calvitie!
*rires*

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