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samedi 24 septembre 2011

Karkwa et Arcade Fire à la place des Festivals - L'ombre et la lumière


Est-ce le sourire de Régine Chassagne, grand comme un écran géant? Est-ce le décor de marquise de cinéma aux milles ampoules? C'est incroyable à quel point Arcade Fire illuminait la place des Festivals hier soir, au grand spectacle 10e anniversaire de Pop Montréal: les huit gars et filles de la belle bande en jetaient dans tout le champ du regard. Permettez un peu d'emphase: ils éclaboussaient la ville de leur bonne énergie, ce groupe est un soleil, une galaxie, un univers! Peut-être était-ce à ce point éblouissant parce qu'avant, il y avait eu Karkwa, et que le groupe montréalais, ça ne m'avait jamais frappé autant, est à l'opposé une sorte de trou noir. Un concentré de matière sombre toujours au bord de l'implosion. Intense autant qu'Arcade Fire est intense, mais par en dedans. «Comme les craqués qui dansent sans savoir que l'heure avance», chantait Louis-Jean Cormier dans Le Compteur.

Fascinant contraste entre le meilleur groupe québécois francophone de la décennie et le meilleur groupe anglo jamais sorti de chez nous (à la conquête de la planète, Grammy brandi!). Groupes de valeur égale, musique pour musique, à mon sens: partisans l'un autant que l'autre de l'extrême densité et des modulations à couper le souffle, pareillement forts en finales à rallonge. Mais l'un étant l'envers de l'autre. L'ombre et la lumière. Karkwa disposait de trois-quarts d'heure, Arcade Fire avait les mêmes deux heures que la veille au Métropolis — et passablement les mêmes chansons, Ready To Start, Keep The Car Running, Modern Man, Empty Room et ainsi de suite, permutées ça et là —, mais ce n'était pas une question de temps alloué: on avait l'exaltante impression d'assister à une grande rencontre historique. Win Butler le sentait aussi: «This feels so perfect, one french band, one english band, and Kid Koala opening!» Le vétéran DJ, en effet, avait lancé la fête, et la foule était déjà contente.

On aura apprécié la sono, nette et précise malgré la complexité des arrangements et la force de frappe des formations: c'était un appareillage de grand concert rock, et cela s'entendait. Ce qui aura permis de constater, autant pour Karkwa que pour Arcade Fire, la maîtrise du jeu et des effets: ces spectacles ont vécu beaucoup, et ça jouait avec abandon tellement c'était intégré. Formidable sensation d'aboutissement, d'accomplissement. D'apogée? Peut-être bien. Dans les deux cas.

Au moment où j'ai quitté le site pour écrire ces lignes, Arcade Fire lançait la chanson-titre de l'album The Suburbs, après que Win eut rappelé que la tournée avait commencé par un autre spectacle gratuit, pas du tout annoncé celui-là, dans l'aire de stationnement de Place Longueuil. Boucle bouclée, il ne restait plus qu'à célébrer. À 100 000. Arcade Fire rentrait au bercail, la ville était magnifique, la température douce, et la section VIP tellement grande qu'on aurait pu jouer au bowling dedans. C'en était un peu gênant. Autrement, une soirée parfaite.

Article de Sylvain Cormier, Le Devoir, le 23 septembre 2011
Photos : Annik MH De Carufel - Le Devoir

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