Karkwa la grande réunion d'octobre 2017

Karkwa la grande réunion d'octobre 2017

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mardi 29 mai 2012

Karkwa – Live : une réussite

Karkwa – Live
Je suis loin d’être le plus grand fan des albums live. Je les trouve déconstruits, dénaturés et prétentieux. Oui, il faut apprécier l’authenticité et la spontanéité, mais trop souvent on tombe plutôt dans le tout croche, sans que l’on ait réussi à capter véritablement la formule du concert. Dans cette perspective, l’enregistrement de Karkwa en concert est complètement réussi.

La guitare électrique de Louis-Jean Cormier donne les premiers accords de « Le pyromane », appuyée ensuite par la section rythmique du quintet, à son meilleur. L’intention première de Karkwa n’est plus atmosphérique ou rêveuse, elle est rassembleuse, simplement rock. « Marie, tu pleures » est peut-être méconnaissable derrière ses inspirations plus garage, mais elle est rafraichissante et devient un hymne réjouissant.

À travers la palette de couleurs des guitares saturées et la lourdeur bien pesée de la basse et des percussions, il y a de superbes paysages sonores, inconnus de ceux qui n’ont pas vu le groupe en spectacle. De véritables trésors après avoir écouté autant ces chansons. Il y a des choses très complexes dans le jeu de guitare de Cormier et dans l’intensité des claviers de François Lafontaine, ressortant parfaitement dans ce contexte. 

L’aspect solennel des constructions prend vie. « L’acouphène » se bâtit de manière puissante, voire chaotique, autour de l’approche mélodique impeccable, offrant une toute dynamique à sa structure et à sa « symphonie de vent ». Pour le fan de la formation, cet album représente la bande sonore d’une décennie. « Échapper au sort », « Le coup d’État », « Le compteur ». Seul « Le pensionnat des établis », premier disque, esquisse de la suite, fut sagement ignoré.

Les treize chansons du disque devaient marquer un au revoir d’une durée indéterminée. Le fan en moi a de la difficulté à interpréter les pièces retenues de cette façon. Et si ce live était plutôt un brillant testament d’un des meilleurs groupes francophones de la planète? 

Qu’importe, en enchaînant autant de chansons de « Les chemins de verre », les lauréats du prix Polaris en 2010 rappellent à quel point leur musique est aussi efficace qu’elle est inspirée. Sans hésitation, mon live préféré depuis un bon bout.

Site officiel : http://www.karkwa.com/

Article rédigé par 500khz le mai 26 2012

Karkwa: ce n’est qu’un au revoir ?


Toujours un réel plaisir de retrouver les boys de Karkwa, comme ce fut le cas mercredi, à quelques jours de la parution de leur disque Karkwa Live, disponible mardi prochain. En fait, on avait l’impression que le sentiment était le même… entre eux.

Par Philippe Rezzonico

Pour le journaliste, c’était une première «rencontre» avec le band depuis le spectacle du groupe au Métropolis en décembre dernier, mais il était évident que Louis-Jean Cormier, François Lafontaine, Stéphane Bergeron, Martin Lamontagne et Julien Sagot n’ont pas multiplié les réunions depuis lors. Il y a des tas de signes qui ne trompent pas.

Tu regardes la pochette du disque physique de Karkwa, cartonnée, mais dépourvue de livret digne de ce nom, exempte de photos de la tournée de deux ans qui a fait connaître le groupe québécois hors de nos frontières, et tu te dis que c’est un peu court.

Tu regardes la sélection - 13 titres sur un compact simple – et tu te souviens que le spectacle du Métropolis frisait la barre des deux heures trente minutes (150 minutes).

Tu te souviens aussi de la conférence de presse au pub Saint-Élizabeth en décembre 2011, quand on a remis la plaque du disque d’or pour Les chemins de verre. C’est à cette occasion que le groupe a annoncé que les spectacles de décembre à Montréal et Québec (L’Impérial) allaient être les derniers avant une « pause » et qu’un disque de spectacle allait voir le jour.

Disque commémoratif probablement bicéphale (audio/vidéo) qui allait vraisemblablement inclure des clips, des raretés et, peut-être même des inédites, nous annonçait-on. Rien de ça.

Bref, pas mal de déductions dignes d’un apprenti Sherlock Holmes faites avant même de prendre place à l’une des tables du resto, La salle à manger, en face du quintette. D’où la première question à laquelle personne ne s’est défilé : Que s’est-il passé ?

Bourreaux de travail

«Le temps nous a rattrapé, admet Cormier, sans ambages. Et puis, sortir trois ou quatre inédits à la va-vite…»

«Ça nous tentait pas de replonger», confirme Lafontaine.

- Vous pourrez vous reprendre quand vous ferez l’album Greatest Hits de Karkwa.

«On a jamais eu de hits », réplique Lafontaine, sourire en coin.

La réalité, c’est que l’agenda de certains membres de Karkwa était chargé quand ce disque a été annoncé. Lafontaine était en train de compléter la production de l’album de sa blonde, Marie-Pier Arthur, Cormier était en studio afin de produire celui de Lisa LeBlanc, et Julien Sagot peaufinait son premier album solo, Piano mal. Difficile de passer des heures en groupe en studio afin de visionner des extraits ou de dénicher des raretés au sein de ton catalogue.

Et puis, on le sait tous, les gars sont ensemble depuis plus d’une décennie. Ils ont tout vu, tout fait, tout vécu ensemble. Les voyages ont laissé des traces. Il faut entendre François et Julien parler avec ironie de ce concert à Copenhague où les gars ont joué devant une salle qui comptait peut-être moins de spectateurs que le total de personnes qui s’affairaient à préparer le repas dans le restaurant dans lequel nous étions. Et, bien sûr, il y a les bébés pour quatre d’entre eux.

J’étais aux premières loges pour mesurer tout cela, ayant suivi ce groupe partout ces dernières années : les lancements d’albums, les entrevues systématiques à chaque parution, toutes les rentrées, la folie entourant l’obtention du Prix Polaris l’année où je faisais partie du jury, la controverse du Globe and Mail liée à cette même remise, l’incendie provoqué par la vente des droits de la chanson Le Pyromane éteint avec quelques canettes de boisson gazeuse, le showcase avec Radio Radio et The Sadies dans les rues de Toronto devant une foule de curieux qui découvrait le band, la marée humaine en première partie d’Arcade Fire sur la Place des festivals, et, bien sûr, cet ultime show à Montréal, où les membres du groupe étaient festifs et émus, tout à la fois.

Le Karkwa de scène

«Le live audio démontre parfaitement ce qu’est Karkwa sur scène, note Cormier. Notre cohésion, notre spontanéité… Je ne suis pas un grand consommateur de DVD. Les yeux, c’est parfois trompeur.»

N’empêche, une fois la décision prise de faire un compact simple, le groupe faisait face à la sempiternelle question liée à l’espace (environ 80 minutes) : quelles chansons met-on sur le disque?

Il y avait des évidences comme les titres-phares de l’album Les chemins de verre (Le Pyromane, L’acouphène, Moi-Léger, Marie tu pleures), mais il fallait aussi trancher pour les autres.

«L’épaule froide s’est imposée, note Lafontaine. C’est l’une de nos plus vieilles chansons, mais c’est surtout l’une de nos chansons qui a le plus évolué en spectacle depuis sa création. Un peu comme Le Compteur. La Facade, on était pas sûrs au départ. »

Et, au final, quel titre est-on déçu de ne pas avoir inclus sur le disque ?

« Mmm.. 28 jours, je dirais », note Cormier.

La suite…

Les gars l’ont dit, pause il allait y avoir. Et pause collective il y a. Définitive? Personne n’ose s’avancer là-dessus. Tant de groupes ont officiellement sabordé le navire pour se regrouper cinq, dix ou 15 ans plus tard en se faisait traiter d’opportunistes. On sent que Karkwa veut éviter ce piège.

Cela dit, il semble tout aussi évident que cette pause prévue pour 2012 risque d’être plus longue que courte puisque personne n’ose avancer de date pour un retour.

«Personnellement, ça me prend une bonne cassure, note Louis-Jean. Et ça ne peut pas se faire s’il y a une date officielle de retour. Oui, il y a eu des casse-tête pour des « check-in » dans des hôtels, des problèmes avec des bagages, mais jamais aucun ennui sur scène avec les gars.»

«On est comme un bon front line au hockey, renchéri Lafontaine. Sur la glace, on joue du gros hockey.»

Et il faut admettre que les boys ont – encore – un agenda bien chargé.

Lafontaine, de concert avec Éloi Painchaud, travaille sur le disque à venir de Elisapie Isaac. Il est aussi de la tournée de Marie-Pier Arthur, il planche sur un projet de film et sur un album de musique instrumentale.

Cormier est en studio pour la préparation de son premier disque solo et il aura le rôle principal dans le film portant sur l’œuvre de Gaston Miron, L’homme rapaillé.

Julien Sagot est en tournée estivale et il est déjà à l’écriture du prochain disque, Martin Lamontagne accompagne Sagot en tournée, tandis que Stéphane Bergeron sera le batteur et/ou arrangeur de cinq spectacles à venir d’artistes différents, notamment Frank Deware durant les FrancoFolies.

Bref, personne n’est au chômage. Serait-ce, comme les plus pessimistes le pensent, la fin de Karkwa?

«Je m’ennuie déjà de brancher mon ampli et de jammer avec les gars », précise Cormier.

O.K… Ce ne sera peut-être pas un adieu. Juste un au revoir prolongé.


Karkwa, Karkwa Live (Simone Records), disponible en magasin et en ligne mardi.

Article publié le 27 mai 2012 sur Rue Rezzonico

vendredi 25 mai 2012

Karkwa : Comme des frères


Les gars de Karkwa ne s’étaient pas revus depuis le 17 décem­bre, date du dernier spectacle de leur tournée. Bien sûr, leurs chemins s’étaient croisés à quelques reprises au cours de l’hiver, mais n’empêche : Louis-Jean, François, Stéphane, Julien et Martin n’avaient pas respiré le même air depuis cet ultime concert au Métropolis. Voilà sans doute pourquoi, à notre arrivée au restaurant La salle à manger, sur l’avenue Mont-Royal, nous avons eu l’impression d’assister à des retrouvailles entre vieux chums. Entre deux éclats de rire et quelques gorgées de bières, les cinq amis semblaient vouloir rattraper le temps perdu. Il y avait quelque chose d’électrique dans l’air…

Réunis pour discuter du lancement de leur premier album live, un magnifique disque enregistré lors de leurs derniers passages à Montréal et dans la vieille capitale, les cinq musiciens ont rapidement retrouvé leur erre d’aller. Extraits d’une discussion animée.

Quels souvenirs gardez-vous de votre dernier spectacle au Métropolis ?

François : J’étais chaud !

Louis-Jean : Mais je suis certain que t’avais moins bu que d’habitude.

François : C’est possible…

Louis-Jean : On était étourdi parce qu’on était un peu à fleur de peau. On était fébrile à l’idée de se quitter pour une période indéterminée. C’était déstabilisant. Durant le show, j’étais très concentré. Je savais qu’on enregistrait. Mais en sortant de scène, j’ai braillé comme un veau. On était tous très émotifs. MusiquePlus filmait le spectacle et sur les moniteurs dans la salle, les gens voyaient qu’on avait les yeux vitreux.

Martin : Je savais que c’était notre dernier show, mais je n’y ai pas trop pensé pendant qu’on jouait. C’est quand on a accroché nos guitares que ça m’a frappé. C’est à ce moment-là que j’ai compris que ça chiait…

Louis-Jean : Je me souviens de Nicolas Beaudoin [le technicien qui voyage avec le groupe]…

François : Bobo !

Louis-Jean : Quand il a pris ma guitare après le rappel, sa lèvre inférieure tremblait. Il nous a dit : « Les gars, vous ne pouvez pas faire ça ! »

François : Lui, il était chaud en crisse ! [rires]

Stéphane : Le dernier souvenir que j’ai de Bobo, c’est en plein milieu de la soirée, quand mon snare [caisse claire] est tombé à terre pendant qu’il niaisait en coulisse avec notre gérant !

François : Je pense qu’ils jouaient à la marelle !

Stéphane : Je n’arrêtais pas de crier : « Bobo ! Bobo ! »

Louis-Jean : On l’entend même sur le tape !

Stéphane : Finalement, c’est le drummer de Patrick Watson – qui était à l’autre bout du stage – qui est venu me l’arranger.

François : Merci Bobby. Tu nous as sauvé la peau !

Quand avez-vous pris la décision de prendre une pause ?

Louis-Jean : Ça fait très longtemps.

François : À l’origine, on devait s’éclipser après la sortie des Chemins de verre.

Louis-Jean : On revenait d’une longue tournée. On avait besoin d’un break.

François : Mais quand on a vu que le disque recevait un aussi bel accueil, on s’est dit qu’il fallait en profiter pour faire une petite tournée.

Louis-Jean : Le prix Polaris a changé la donne. Ça nous a ouvert des portes dans les pays anglophones et dans l’Ouest canadien. On s’est fait prendre dans le collimateur…

François : C’est le plus gros prix de notre carrière. J’étais super heureux de le gagner, mais d’un autre côté, je me disais : « Là, on est dans la marde ! »

Martin : T’espérais quand même pas qu’on perde ?

Louis-Jean : Disons qu’on ne pensait jamais gagner !

Doit-on s’inquiéter pour l’avenir de Karkwa ?

Louis-Jean : C’est difficile à dire. On est encore en suspens. On ne sait pas trop ce qui s’en vient, pis on aime ça. Mais pour ma part, je sens monter l’envie de ploguer les amplis et de jouer fort…

Julien :  Des albums, on peut toujours en faire. Louis-Jean a un studio chez eux. Ça ne va rien nous coûter !

Louis-Jean : Ce qui nous a fait mal, c’est d’être loin de nos familles avec des enfants en bas âge. Les tournées, les avions, les camions…

Stéphane : Au Québec, si tu veux vivre de ta musique, il ne faut pas que t’arrêtes. Mais d’un autre côté, c’est l’fun de voir à quoi la vie peut ressembler quand tu ralentis le rythme. C’est là que tu réalises qu’il existe d’autres moyens de gagner sa vie. Quand tu te rends compte que tu peux te débrouiller autrement, tu te dis : « Ah ben ! Je ne suis pas obligé de maintenir cette vitesse de débile. »

Martin : On ne voulait pas continuer juste parce que les demandes continuaient à rentrer.

Louis-Jean : On avait besoin de se ressourcer…

François : Stéphane et moi, on s’en parlait récemment… Et je dis ça en toute humilité : avec Karkwa, chaque fois qu’on revenait avec un nouveau disque, on proposait quelque chose de différent, de nouveau. Il y avait un souci artistique. Mais on a tellement labouré la terre… C’est normal qu’on la laisse reposer pendant un certain temps. Ça fait quasiment 14 ans qu’on n’a pas pris de pause. C’est beaucoup.

Jusqu’à maintenant, comment va la vie à l’extérieur de Karkwa ?

Louis-Jean : On ne repart pas à zéro, mais presque. C’est un feeling stimulant d’aller cogner aux portes. Tu ne sais pas ce que ça va donner…

François : On avait l’habitude de travailler à cinq. C’est une autre réalité. Il faut s’adapter.

Julien Sagot : C’est difficile. Il y a beaucoup de remises en question, mais ce n’est pas grave. Si je dois retourner à l’école pour faire mes études en foresterie, c’est OK. Je ne vais pas considérer ça comme un échec. Il n’y a pas de problèmes; il n’y a que des solutions.

Louis-Jean : C’est une bonne mentalité…

François : Avec Karkwa, on ne s’est jamais dit : « Est-ce que les gens vont triper sur notre disque ? Est-ce que la critique va l’aimer ? » On a toujours fait ce qu’on voulait.

Julien Sagot : Je n’ai pas pleuré après notre dernier show au Métropolis parce que pour moi, ce n’était pas la fin ; c’était le début d’autre chose. On est vraiment des frères. Ça fait longtemps qu’on se connaît. On n’arrêtera pas de se voir parce qu’on a décidé de prendre un break.

François : De toute façon, on se retrouve sur plein d’autres affaires. Louis-Jean et Julien ont travaillé sur l’album de Marie-Pierre [Arthur].

François : Pour moi, c’est tout sauf une sabbatique. Je travaille beaucoup, mais je suis plus souvent à la maison. C’est ce que je voulais. Ça me permet de voir mon garçon. Stéphane, Louis-Jean et moi, on a eu nos enfants en même temps, en plein milieu de la tournée. On n’a presque pas été là durant la première année de leur vie…

Stéphane : Nos femmes étaient plus présentes…

François : À part ça, je travaille sur le nouvel album d’Elisapie Isaac avec Éloi Painchaud. J’ai des projets de musique de film. Je fais la tournée avec ma femme [Marie-Pierre Arthur] pour la première fois en sept ans…

Stéphane : Je recommence tranquillement à faire de la musique. Avant, on était tellement occupé, on n’était pas trop dans le circuit des pigistes. J’ai finalement pogné une job avec Juste pour rire.

François : Cool !

Martin : Moi, je ne compose pas. Je n’avais pas d’autres projets à part Karkwa. Aujourd’hui, mon but, dans la vie, c’est de faire du cash ! Je travaille sept jours sur sept sur des grosses machines. Si on pouvait ajouter une huitième journée à la semaine, je la passerais à travailler ! Je suis heureux. J’ai enfin de l’argent dans les poches !

François : Parle-moi de ça !

Louis-Jean : On a beau faire nos frais en disant « ça fait 14 ans qu’on joue dans un groupe rock », mais tout le monde sait que ce n’est pas payant.

Stéphane : Ce n’est pas parce qu’on est en sabbatique qu’on ne fait rien.

Louis-Jean : Il fallait enlever toute forme d’interdépendance. On avait le désir de décrocher total. On ne voulait pas se sentir coupable si un d’entre nous avait plus de misère que l’autre. Un jour, si je décide d’arrêter, je ne veux pas me dire : « Je vais mettre les autres dans la marde ! » Ce n’est pas un fardeau que je veux porter.

François : Au cours des six dernières années, j’ai eu un paquet de projets à l’extérieur du band. C’est cool, mais j’avais toujours l’impression de tricoter autour des horaires de tout le monde. Aujourd’hui, on fait nos propres horaires. Pis c’est l’fun.

Prise de position

Deux chansons de Karkwa Le bon sens et Le coup d’état – se sont récemment retrouvées dans un lipdub (mimoclip) réalisé par des étudiants en grève de l’Université du Québec à Montréal. En entrevue, les membres du groupe semblent ravis de voir leur musique servir le mouvement de protection contre la hausse des frais de scolarité.

Et comme la majorité de la population, ils ont une opinion tranchée sur la question.

« Tu ne touches pas à l’éducation ! », s’exclame Julien.

Quelques secondes plus tard, Louis-Jean ajoute son grain de sel : « Les Libéraux disent : “Mais checke en Ontario. Checke aux États-Unis… C’est ben plus cher qu’ici !” Cette manie de toujours vouloir se comparer à pire, c’est tannant. »

Même son de cloche du côté de Stéphane. « On s’en câlisse de ce qui se passe ailleurs !, lance le batteur du quintette. Est-ce qu’on peut essayer d’être chef de file dans quelque chose ? »

Aux dires de ce dernier, le débat perdure en raison de la pauvreté des arguments mis de l’avant. « Ça m’enrage quand j’entends les gens dire : “Ils veulent refiler la facture aux autres.” C’est comme si personne ne réalisait que le gars qui étudie aujourd’hui, dans trois ans, il va avoir a fini. C’est lui qui va devoir payer anyway ! »

Pour leur part, François et Martin craignent que le conflit dégénère davantage. « Personne ici n’est pour la violence. On trouve ça inacceptable. C’est inutile et ça ne mène nulle part. Mais il y a quelqu’un à blâmer dans tout ça et ce n’est pas les étudiants ; c’est le gouvernement qui ne gère pas la crise comme il faut. »

« C’est comme si on attendait que quelque chose de vraiment plate arrive, comme la mort de quelqu’un… », déclare Martin.

Par Marc-André Lemieux, Le Journal de Montréal Publié le jeudi 24 mai 2012

KARKWA EN CONCERT !


Au crépuscule et à l’apogée de sa dernière tournée, Karkwa a capté ses deux ultimes concerts de Québec et de Montréal afin d’en offrir les plus beaux moments à ses fans.

Karkwa Live comprend 13 titres, 5 chanteurs, 3000 personnes et beaucoup d’émotions! Le groupe québécois a puisé dans l’ensemble de son répertoire pour donner deux prestations exceptionnelles à L’Impérial de Québec et au Métropolis de Montréal.

Pour le public et Karkwa, plusieurs moments poignants et précieux s’inscrivent sur ce disque live, d’autant plus que l’on sait que cet album annonce la fin d’un cycle et le début d’une pause pour le groupe. Karkwa Live : une véritable œuvre à vivre…

« Nous espérons avoir réussi à recréer l’ambiance qui régnait dans la salle lors de ces deux soirées magiques. Tout ce qu’il y a à faire c’est monter le son dans le tapis et fermer les yeux. Bonne nuit. A bientôt!… » - LJ Cormier, Karkwa

*Audiogram et Simone Records tiennent à remercier Musiqueplus pour l’utilisation des images captées lors du dernier concert du groupe le 17 décembre dernier au Métropolis.

Paru sur le site d'Audiogram le 24 mai 2012

jeudi 24 mai 2012

Retrouvailles pour Karkwa


Les gars de Karkwa ne s'étaient pas revus depuis le 17 décembre, date du dernier spectacle de leur tournée. Bien sûr, leurs chemins se sont croisés à quelques reprises au cours de l'hiver, mais n'empêche: Louis-Jean, François, Stéphane, Julien et Martin n'avaient pas respiré le même air depuis cet ultime concert au Métropolis. Voilà sans doute pourquoi, à notre arrivée au restaurant La salle à manger, sur l'avenue Mont-Royal, nous avons eu l'impression d'assister à des retrouvailles entre vieux chums. Entre deux éclats de rire et quelques gorgées de bières, les cinq amis semblaient vouloir rattraper le temps perdu. Il y a quelque chose d'électrique dans l'air...

«On trouvait que c'était le bon moment pour lancer un album ‘'live'': on prend une sabbatique, on a toujours voulu le faire. Je pense qu'on attendait juste d'être bons!», a lancé le chanteur Louis-Jean Cormier à la blague.

Une opinion tranchée sur le conflit étudiant

La conversation change toutefois de ton lorsque vient le temps d'aborder une autre question: le confit opposant les étudiants au gouvernement de Jean Charest.

Deux chansons de Karkwa - Le bon sens et Le coup d'État - se sont récemment retrouvées dans un «lipdub» réalisé par des grévistes de l'Université du Québec à Montréal. En entrevue, les membres du groupe semblent ravis de voir leur musique servir le mouvement de protestations contre la hausse des frais de scolarité.

Et comme la majorité de la population, ils ont une opinion tranchée sur la question.

«Tu ne touches pas à l'éducation!» s'exclame Julien.

Quelques secondes plus tard, Louis-Jean ajoute son grain de sel: «Les libéraux disent: "Mais regarde en Ontario. Regarde aux États-Unis. C'est ben plus cher qu'ici!" Cette manie de toujours vouloir se comparer à pire, c'est tannant

Même son de cloche du côté de Stéphane. «On s'en câlisse de ce qui se passe ailleurs! lance le batteur du quintette. Est-ce qu'on peut essayer d'être chef de file dans quelque chose?»

Aux dires de ce dernier, le débat perdure en raison de la pauvreté des arguments mis de l'avant. «Ça m'enrage quand j'entends les gens dire: "Ils veulent refiler la facture aux autres." C'est comme si personne ne réalisait que le gars qui étudie aujourd'hui, dans trois ans, il va avoir a fini. C'est lui qui va devoir payer de toute façon!»

Pour leur part, François et Martin craignent que le conflit dégénère davantage. «Personne ici n'est pour la violence. On trouve ça inacceptable. C'est inutile et ça ne mène nulle part. Mais il y a quelqu'un à blâmer dans tout ça et ce n'est pas les étudiants; c'est le gouvernement qui ne gère pas la crise comme il faut.»

«C'est comme si on attendait que quelque chose de vraiment plate arrive, comme la mort de quelqu'un...» a déclaré Martin.

Karkwa Live sera disponible le 29 mai.

Messages les plus consultés

Avertissement: Ce blog à pour but de regrouper et archiver les articles parus sur le net à propos de Karkwa. Il est fait par amitié pour les membres du groupe et leur entourage. Les liens vers les sites et articles d'origine sont faits, les auteurs sont cités lorsque possible. Si quiconque se sentait lésé dans ses droits, il n'aurait qu'a me contacter pour que je puisse remédier à la situation.