«Sort sombre... épais brouillard... temps mort... tremblements de terre... Nuit incendiaire... volcan... cendres...» Ce vocabulaire crépusculaire, Louis-Jean Cormier le décline d’une voix douce, sur des nappes musicales harmonieuses. Harmonie du soir ou crépuscule des dieux? Le fait est que par son ampleur et sa douceur, Le volume du vent tranche sur le rock régressif, primitif qui prévaut aujourd’hui.
«Je parle de ce que je vois autour de moi : des clochards partout, des fous retrouvés gelés dans un banc de neige, des vieillards solitaires, des jeunes paumés... Tout cela n’est pas rose. Mais malgré tout ce qui peut arriver de mauvais, même si ça chie totalement, il faut que la musique reste belle. Il doit en rester quelque chose de bien», déclare le chanteur Louis-Jean Cormier, qui a écrit les paroles de ce nouvel album.
Le but est atteint. Au-delà des enfers quotidiens et des purgatoires urbains décrits dans Le volume du vent, le disque laisse une surprenante impression de sérénité et de luminosité. De la bonne musique avant toute mauvaise chose.
Dans cet univers sonore complexe fait d’inextricables influences, on croise John Lennon, Bob Dylan, Philip Glass, Steve Reich et beaucoup d’autres figures légendaires. Le piano bien appuyé de Dormir le jour, c’est le Lennon des beaux jours... La guitare folk de Oublie pas, c’est le Dylan de toujours... «N’oubliez pas Steve Reich, le compositeur pété qui nous a inspiré les audaces de Solstice», ajoute le chanteur.
La touche Harmonium
On détecte aussi la touche Harmonium, dans des plages aérées comme Mieux respirer. «C’est peut-être mon timbre de voix et ma diction... Ces influences sont bien présentes, mais il y en a beaucoup d’autres. Nous sommes des mélomanes maladifs, nous écoutons de tout, principalement les disques des années 70. Nous sommes flattés de toutes ces comparaisons, d’autant plus que nous pensons avoir si bien assumé et assimilé nos influences qu’elles sont devenues inconscientes.»
Chez Karkwa, l’enrobage musical éclectique et l’importance accordée à la forme font que ce groupe n’est pas classé comme engagé-enragé. «Nous ne crions pas nos engagements à tue-tête. Au lieu de chialer, nous préférons brosser des tableaux impressionnistes de la réalité, et cela frappe aussi fort.»
Il s’est écoulé deux ans et demi depuis la parution de l’album précédent, Les tremblements s’immobilisent. Un laps de temps jugé trop long par Cormier et les quatre autres musiciens de Karkwa. «Nous rêvons de sortir un album par an, comme Plume dans les années 70, l’âge d’or du disque québécois! Les tremblements... étaient à peine sur le marché que nous avions déjà plusieurs des pièces du disque à venir. C’est peut-être tant mieux : nous avons eu tout le temps de les roder en spectacle avant d’entrer en studio...»
L’été qui s’en vient sera fertile pour Karkwa, qui apparaîtra dans plusieurs festivals, avant d’entamer sa tournée automnale. Le groupe fera-t-il escale au Festival d’été de Québec? «Non, mais nous présenterons un gros spectacle à Québec durant le Festival», conclut Louis-Jean Cormier, qui réserve pour plus tard l’annonce du lieu et de la date de l’événement.
Karkwa la grande réunion d'octobre 2017
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samedi 26 avril 2008
Karkwa: poésie sombre et musique planante
vendredi 25 avril 2008
Karkwa - le troisième album
Cinq garçons dans le vent... et la tourmente!
Une sorte de polyphonie corse à la québécoise traverse les chansons du nouvel album de [karkwa], le meilleur groupe rock d'ici depuis Les Colocs, tel un choeur d'âmes errantes, telle la plainte sans fin de tout un monde de déclassés, de laissés-pour-compte, dont la souffrance souffle par bourrasques, jusqu'à constituer un sacré volume... L'album s'intitule Le Volume du vent, et il est magistralement sombre. Rencontre dépeignée.
Quand même pas au Snake Pit? Eh oui, au Snake Pit. Les cinq gars de [karkwa], le groupe phare du Québec rock de cette décennie, ont leur local dans la même bâtisse de la rue Iberbille où, il y a vingt ans tout juste, je faisais mon propre ramdam avec des copains. Gros flash mauve. On appelait ça le Snake Pit. On pratiquait au sous-sol, dans un placard, l'été c'était l'Amazonie, d'où l'appellation. [karkwa] occupe le grand local à l'étage, avec fenêtres (qu'on ne peut ouvrir, rapport au bruit). Lieu vaste et vétuste. «Ça nous prenait grand: on a beaucoup d'équipements», explique Louis-Jean Cormier. Je lui dis mon étonnement: le Snake Pit, dans ma tête, c'était pas pour les vrais groupes qui font des disques plébiscités et trois spectacles différents en trois soirs aux FrancoFolies. Au mieux pour les piocheux dans mon genre. Dites donc, les gars, c'est encore la galère, [karkwa], au troisième album?
«C'est de la belle survie», résume Cormier. Certains ont des familles, le claviériste François Lafontaine s'est acheté une maison («[...] et je vais payer pour jusqu'à la fin de mes jours», ajoute-t-il en riant), mais on n'engrange pas les REER. Cormier rigole: «Moi, quand j'ai un peu d'"over", je m'achète une guit'. Une bonne guitare, ç'a un meilleur rendement qu'un REER: je peux la revendre trois fois le prix. On n'est pas à plaindre, on est heureux. On crée sans contrainte, et on a un salaire. Et on a des à-côtés: je fais de la réalisation d'albums [l'excellent À côté d'la track de David Marin, tout récemment], je joue avec d'autres. Ça paye, ça aide. Et ça fait aussi partie du plaisir.»
Puis, il est «trop tard pour revenir en arrière», comme le dit la chanson Le Compteur, qui ouvre Le Volume du vent, troisième album de [karkwa] en huit ans d'existence intense. Une vie de groupe rock ne se vit pas dans le même espace-temps que le commun des mortels. Si ça vieillit autour, c'est un peu toujours la gang d'ados à l'intérieur: «Pendant que les enfants chassent les vieux / Au pas lourd / Moi, je ne vois rien, inconscient de courir sur les mains... » De ce contraste plus flagrant à trente ans qu'à vingt, de ce déphasage parfois malaisé, est né l'album. «Quand tu fais de la musique, des tournées, tu perçois tout comme si tu étais à l'extérieur du roulement normal de la vie, commente le batteur Stéphane Bergeron. C'est une drôle d'impression, parce que tu vieillis quand même. T'as l'impression d'être à côté de la société.»
Sentiment d'exclusion qui n'est pas si loin de celui du sans-abri, du fou, du désenchanté, du dépressif, à cette différence fondamentale près: le musicien choisit sa voie parallèle, et en jouit. Ça n'empêche pas une empathie certaine envers les exclus de toute provenance. Une sensibilité accrue à la souffrance des laissés-pour-compte. «Quand t'es en studio, t'es ailleurs, poursuit Bergeron. De 11h à 2h du matin, tous les jours, perdu dans la musique. Et quand tu sors dehors, t'es comme mésadapté. T'écoutes plus les nouvelles, tu sais pas ce qui se passe. T'es comme un fantôme.»
Un album peuplé de fantômes
Le Volume du vent est peuplé de fantômes. D'âmes errantes. On les entend un peu partout: des voix qui s'immiscent entre les musiques et les textes, tout un tas de voix qui s'entremêlent, se font et se défont. On dirait du vent, parfois doux, souvent violent, tourmenté. On pense aux polyphonies corses, on pense aussi à la cacophonie de voix dans la séquence de traversée du temps dans le film 2001: odyssée de l'espace. «Au départ, récapitule Cormier, on voulait qu'il y ait beaucoup de voix en harmonie. Puis on s'est laissés emporter là-dedans. C'est devenu des envolées de quatre ou cinq voix l'une par-dessus l'autre, sur plusieurs octaves. Toujours sans paroles. Ça nous faisait une sorte d'instrument humain.» Le résultat est endémique (et envoûtant, et inquiétant, et fascinant): ce vent de voix épouse les mélodies des cordes, suit les licks de guitare, part en peur et puis se calme et repart en peur, s'insinue entre les strates du rock de [karwka] comme de la lave en fusion. Tout l'album en est imprégné, habité. Comme si tout un peuple squattait Le Volume du vent.
Comment aimer dans une telle tourmente? C'est ce dont parle Deux lampadaires. Comment la tempête familiale peut-elle mener quelqu'un à mourir gelé dans un banc de neige? C'est le propos d'Échapper au sort. Combien de temps encore résisterons-nous au vent mauvais, se demande Cormier dans Combien: «Combien d'années / D'armées décimées / Combien d'argent, / D'arnaques de tyrans / C'est long longtemps... » Comment parvenir à ouvrir une brèche dans les usines à misère et que souffle un vent de liberté? À la chaîne, dernière pièce du disque, pose la question sans y répondre, mais un choeur d'enfants (les élèves de l'école Saint-Arsène) s'élève à la fin comme une grande respiration.
Dur album. Lourd album. Dur, lourd, intense, poignant et magnifique album. Entouré par ces gaillards rigolards et sympas, Cormier autant que Lafontaine, Bergeron, Julien Sagot et Martin Lamontagne, j'ai peine à croire que ça vient d'eux. «Quand t'es heureux, tu parles moins de toi que de ce que tu constates, dit Bergeron. On ressent de l'agressivité par rapport à ce qui se passe autour de nous, renchérit Cormier. L'état du monde nous rentre dedans. Alors, ça ressort.» «T'as pas besoin d'être junkie pour parler d'un junkie», ajoute Bergeron. Un minimum de perméabilité suffit, comprend-on. Plus la capacité de traduire ça en musique.
Et quelle musique! La force de [karkwa] est de même nature que les meilleurs groupes d'hier et d'aujourd'hui, d'Octobre à Radiohead en passant par Pink Floyd (écoutez Dormir le jour et ses harmonies à la David Gilmour-Rick Wright): l'expérience est totale. L'album commence, le vent nous soulève et ne nous redépose pas avant la fin. Si on veut, on peut s'attacher aux textes, les laisser résonner longtemps. Si on veut, on peut s'abandonner aux modulations des musiques, tout aussi longtemps. Dans Le Solstice, le texte issu d'un poème de Pierre Nepveu est au moins aussi prenant que la séquence instrumentale répétitive à la Steve Reich. «Si ça donne ça, c'est qu'on a réussi quelque chose», apprécie Bergeron. Cormier poursuit: «[karkwa], ç'a toujours été la quête du mariage parfait entre les textes et la musique. Mais ça vient toujours de la musique. La musique dicte le thème. C'est pas de la chanson française qu'on fait. C'est du rock au Québec.»
Je dirais même plus: c'est du [karkwa]. Ce qui n'est pas rien, après 50 ans d'histoire du rock et mille millions de métissages. Avoir un son, un style à soi, ça relève de l'exploit. «Ça s'est construit sans qu'on y pense, nuance Lafontaine. Mais c'est là, on le constate. Quand on est sortis du mastering à 5h du matin, après deux nuits blanches, Louis-Jean, moi et Mathieu [Parisien, coréalisateur, preneur de son et membre honoraire], je me souviens que Louis-Jean a dit: "Ça, ça sonne comme nous autres."» Cormier sourit: «Je pense que c'est la première fois que je disais ça à propos de [karkwa]. On était brûlés, on ne savait plus quelle journée on était, mais on était pas mal heureux.» Gageons qu'il ventait un peu.
Sylvain Cormier Le Devoir
mercredi 23 avril 2008
Vive le vent
Mercredi matin, 11 h 30, les membres de Karkwa s'affairent à réaménager leur local de répétition après avoir trimballé leurs instruments dans différents studios d'enregistrement pour accoucher de leur troisième album, Le Volume du vent.
Boyau d'aspirateur à la main, le batteur Stéphane Bergeron éteint la bruyante machine à mon arrivée. "On fait toujours le ménage avant de recevoir de la grande visite", plaisante-t-il. Faudra faire gaffe en essuyant les bottes. La neige et le grésil tombent encore sur la ville paralysée par ces déferlantes peaux de lièvre, comme le chante Tricot Machine.
"Ça tombe bien parce qu'on voulait lancer le disque avant que la neige fonde", explique le chanteur/guitariste Louis-Jean Cormier. Attendu, le compact atterrira sur les tablettes des disquaires le 1er avril. Pas de souci, même si l'on fêtera le poisson ce jour-là, les lacs seront toujours gelés et les déneigeuses au travail sur les routes de la province.
Conservant l'approche rock atmosphérique des Tremblements s'immobilisent, deuxième effort du groupe paru en 2005 et vendu à près de 20 000 exemplaires, Le Volume du vent est un album d'hiver, enregistré pendant la saison froide, de décembre à février derniers. Son titre nous met la puce à l'oreille, et ses chansons, dont Le Frimas, corroborent la thèse. Faisant l'objet d'un vidéoclip dessiné par Alexandra Myotte, Échapper au sort est même inspirée par la triste fin d'un sans-abri mort gelé dans un banc de neige. "Karkwa, en général, est un groupe d'hiver. Notre musique a toujours été froide dans le bon sens du terme. Notre côté sombre a quelque chose de glacial, et on a utilisé beaucoup de xylophones et de vibraphones sur ce disque, des sonorités souvent associées à des groupes nordiques comme Sigur Rós, par exemple."
"On n'a pas l'habitude d'écrire des textes joyeux sur fond de reggae, c'est certain", soulève Stéphane.
LA RAFALE
Si Les Tremblements s'immobilisent s'ouvre avec l'intensité et la lourdeur rock de La Chute, les premiers instants du nouveau gravé font preuve d'une nervosité aussi empreinte d'urgence. Les percussions du Compteur imitent le tic-tac effréné d'une montre détraquée, une course en lien avec l'effet du temps sur l'homme, sujet de la pièce.
"On voulait des textes moins sombres que sur Les Tremblements, note Louis-Jean. On a évité les chansons sur les assassinats de président ou les tueries dans les écoles pour aborder des sujets moins lourds."
L'approche n'affecte en rien la force de frappe du combo qui canalise ses énergies pour donner naissance à des crescendos aux arrangements toujours aussi riches, peaufinés et mélodiquement efficaces. Pas surprenant que le groupe ait remporté de nombreux prix, dont le Félix de l'Auteur-compositeur de l'année en 2006, et que Louis-Jean Cormier et le claviériste François Lafontaine collectionnent les collaborations depuis trois ans (avec David Marin, Marie-Claire Séguin et Diane Tell pour le premier, Galaxie 500, Alfa Rococo, Frank Martel et Le Husky pour le deuxième).
Le constat est criant sur Le Solstice. Habilement construite, la pièce se bâtit sur un fragile jeu de guitare aérien et gagne en puissance alors que s'ajoutent tour à tour les couches de voix, piano, xylophone, batterie et basse. La virtuosité des musiciens de Karkwa, complété par le percussionniste Julien Sagot et le bassiste Martin Lamontagne, donne au quintette montréalais les moyens de ses ambitions: couvrir un large spectre sonore aux propriétés enivrantes. "On a l'impression que le groupe sonne big mais, ironiquement, cette tendance nous a été inspirée par la musique minimaliste de Steve Reich. On utilise souvent des motifs qui s'entrecroisent et qui, juxtaposés, forment des crescendos d'intensité. Ça peut aussi faire penser à Philip Glass. Les gens voient souvent la musique minimaliste comme des compositions simples, sans grands arrangements, mais il s'agit plutôt de miser sur différents motifs qui se répètent pour créer un effet hypnotique."
"C'est le changement dans la répétition, ajoute François. On a évité les gros riffs de guitare et opté pour plus de textures, de motifs."
La galette tire d'ailleurs son titre des paroles du Solstice, une adaptation d'un texte de Pierre Nepveu commandée à Karkwa dans le cadre de l'évènement 100 Jours de bonheur où plusieurs musiciens, cinéastes et photographes s'inspiraient de poèmes québécois consacrés au bonheur.
LE SIFFLEMENT
Composé lors de tournées québécoises et françaises, alors que la troupe profitait des tests de son avant les concerts pour travailler les nouvelles chansons, l'album marque une mini-révolution vocale pour la formation. Les harmonies y sont plus présentes et la voix de Louis-Jean est parfois même appuyée de chants féminins: ceux de Marie-Pierre Fournier (choriste pour Ariane Moffatt et Stefie Shock) et Elizabeth Powell (des Montréalais Land of Talk). "Enregistrer un disque, c'est une célébration, t'as envie de convier plein de monde et de délirer, remarque le musicien. Invité à chanter sur Le Compteur, Patrick Watson a carrément amené la chanson ailleurs, et on s'est laissé prendre au jeu."
En plus de jouer de la guitare sur Dormir le jour, Olivier Langevin a aussi prêté sa voix au disque, tout comme une vingtaine d'écoliers. Concluant À la chaîne, une pièce sur les bambins exploités en usine, cette collaboration est survenue à la toute fin du processus d'enregistrement, lorsque François est débarqué sans prévenir dans le bureau du directeur de l'école primaire St-Arsène. "En composant la pièce, on savait déjà qu'un choeur d'enfants améliorerait la fin, mais nos démarches auprès de chorales ne marchaient pas trop. J'ai eu le flash en écoutant la chanson au studio du coréalisateur Mathieu Parisien: Criss! Il y a une école juste à côté! Je me suis levé et j'ai cogné à la porte du bureau du directeur. Je lui ai expliqué qu'on voulait enregistrer ses enfants. Le gars avait du Malajube et du Karkwa dans son ordinateur. Ça s'est fait super facilement."
"Le prof de musique a amené les élèves dans le gymnase, où on avait installé des micros, enchaîne Louis-Jean. Les enfants étaient super tranquilles et chantaient sur la note, mais pas assez au goût du prof qui leur a demandé de recommencer avec plus de professionnalisme. C'est là que je me suis levé: Non non, non! On veut pas des chanteurs qui torchent, on veut des énervés. C'est une chanson sur les usines où des enfants travaillent à la chaîne. On a besoin de rébellion: criez de toutes vos forces, sautez dans les airs! Soyez tout sauf tranquilles et bons. Les jeunes ont capoté, raide."
Le volume du vent dans les cordes vocales y était fort, très fort. "Paraît que leurs cris ont ébranlé la structure de l'école. Ils ont même fermé la place la semaine dernière. Ils avaient peur que le plafond s'effondre et ils ont dû enlever la neige sur le toit, juste au cas", rigole François.
Olivier Robillard Laveaux / voir.ca
Karkwa: boucler la boucle (entrevue)
Louis-Jean Cormier (voix et guitare), Stéphane Bergeron (batterie), François Lafontaine (claviers), Martin Lamontagne (basse) et Julien Sagot (percussions et voix) forment Karkwa.
L'ADISQ
En 2006, Karkwa a reçu le prix Félix-Leclerc. La même année, au gala de l'ADISQ, il a remporté le Félix «auteur ou compositeur de l'année» ex æquo avec nul autre que Pierre Lapointe.
«L'ADISQ, certains voient ça comme très showbiz, stagé ou mainstream. Pour nous, c'était comme la consécration de notre démarche. C'est une bonne tape dans le dos», explique Cormier lorsqu'on lui demande quel est le moment le plus marquant de la carrière du groupe.
L'ADISQ semble s'ouvrir depuis quelques années aux groupes plus alternatifs. Désormais, ce n'est plus juste la fête des Céline, Bruno et Sylvain de ce monde. L'organisme n'a pas le choix de plier, dit le chanteur. La scène musicale et les goûts du public évoluent.
Le volume du vent
«Nous voulions lancer l'album beaucoup plus tôt. Les prix et la tournée ont fait en sorte que l'album a été décalé», lance Cormier en entrevue téléphonique. En novembre dernier, «Les tremblements s'immobilisent», le deuxième disque de Karkwa, fut aussi lancé en France. La formation avait donné de nombreux spectacles dans l'Hexagone.
La discussion bifurque sur l'évolution musicale du groupe qui est né en 1998 mais qui s'est reformé de façon officielle en 2001, après que les membres aient vu à des projets parallèles pendant un certain temps. «La différence entre le premier album («Le pensionnat des établis» sorti en 2003) et le deuxième (lancé au Québec en 2005) est tellement grande! Nous avions besoin de boucler la boucle. La différence est moins grande entre le deuxième et le troisième. Les mêmes éléments sont présents mais ont cette fois été poussés au maximum… Le côté orchestral, les harmonies, les back vocals», raconte Cormier.
«Le volume du vent», également le titre d'une pièce de l'album, est d'ailleurs lié aux ambiances musicales de cet opus. Le chanteur en compare les sonorités au vent qui souffle par une fenêtre. On y entend parfois les voix se mélanger à la musique ou des élans vocaux sans paroles qui donnent un aspect très aérien, très onirique, à certains morceaux.
Les gens associent souvent Karkwa à certaines envolées musicales, dit-il. «Ce n'est pas juste de la musique. Il y a les textes aussi», ajoute Cormier. Parfois noirs, bruts et dotés d'une conscience sociale, les paroles de Karkwa ont souvent l'effet d'une brique lancée au visage. On pense à «La fuite», une chanson du deuxième disque qui mettait en scène un personnage qui avait assassiné le président des États-Unis!
Selon Cormier, les textes sont le reflet de la vie des membres de la formation, de leur communauté et aussi de leur engagement. Le groupe se dit engagé mais à jusqu'à un certain point. Il ne veut pas prendre position quant à certains enjeux de la société. Il voit plutôt ses chansons comme des tableaux qui décrivent une situation, dit-il.
Le premier extrait de «Le volume du vent», la pièce «Échapper au sort», en est un bon exemple, selon l'artiste. Le vidéoclip raconte l'histoire d'un jeune de la rue que plus rien ne retient et dont la chute l'entraînera dans les bras glacés de l'hiver.
Tournées en haute définition devant un écran vert, les images du clip ont ensuite été retravaillées et coloriées au crayon de plomb. Le résultat est d'une grande beauté. Le clip aide à mieux comprendre le sujet de ce morceau «qui n'est pas souvent abordé» en chanson, dit Louis-Jean Cormier.
Projets et à l'agenda
Le lancement officiel du nouvel album de Karkwa aura lieu à l'Olympia, à Montréal, le 2 avril, dit le chanteur.
Le groupe planche également sur un blogue qui sera probablement hébergé sur le site officiel du groupe même si cette information reste à préciser, selon lui.
En été, Karkwa compte donner des spectacles dans «quelques festivals ciblés» comme les Francofolies de Montréal. La véritable tournée du groupe va débuter à l'automne.
Quant à la France, si toutes les circonstances sont favorables et que la personne qui représente le groupe dans l'Hexagone peut y mettre l'énergie nécessaire, le troisième album de Karkwa sortira là-bas à l'automne. «Sinon, ça ira au printemps», dit Cormier.
Pour en savoir plus sur Karkwa, visitez sa page MySpace ou son site Internet officiel.
Julie Rhéaume Le 25 mars 2008
jeudi 17 mai 2007
Karkwa : excitant et audacieux
Article publié le 16 mai 2007, par Cartman, sf, sur le site Domino Panda
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Article de Chartrand Jimmy paru le 01 juin 2012 dans Côté Blogue Quiconque les a entendu en show savent que Karkwa sonne admir...