Karkwa la grande réunion d'octobre 2017

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samedi 2 juillet 2011

Karkwa fait son « blast » à la Maroquinerie

Article d'Isatagada, Discordance.fr , le Vendredi 1 juillet 2011

Pas moyen d’échapper au phénomène Karkwa ces derniers jours. Après avoir « pris la Bastille » à l’occasion de la fête de la musique et ouvert pour Arcade Fire au Zénith, la formation montréalaise se produisait mercredi à la Maroquinerie dans le cadre d’une « Fête du Canada » qui semblait décidément avoir gagné tout Paris.
Passés les sets de Jimmy Hunt et de Blues Rodeo (ah, ce son country des Amériques…) la présentatrice québécoise annonce LE groupe de rock alternatif canadien, comme si les U2 eux-mêmes allaient débarquer sur scène. Pas de doute, elle explose littéralement de fierté comme jamais un frenchie n’oserait le faire, sauf à devoir répondre derechef d’une accusation de manque aigu de professionnalisme. C’est donc un vent de fraîcheur qui souffle d’entrée sur ce haut temple d’un certain parisianisme (lequel est plus souvent, on le sait, subtilement retenu), augurant d’une soirée différente de l’ordinaire en capitale, à commencer par les habituels clichés, balayés d’un revers classieux de la main. Oui, on peut faire du rock anglo-saxon chanté en français, oui, on peut avoir un impossible tarin et être le parfait leader d’un groupe, oui enfin, on gagne à exprimer sans réserve son enthousiasme sans se soucier de ceux qui finissent par tuer le naturel à force de rechercher le ridicule partout. Avant même de parler musique, c’est donc une sorte de choc culturel qui frappe, ce même choc ressenti par tous ceux qui, ayant un jour laissé derrière eux l’Hexagone, ont eu l’opportunité de vivre un peu en Amérique du nord.
Le groupe joue depuis plus de dix ans et pour la troisième fois déjà à la Maroquinerie. Pourtant il se comporte, dans ses interventions et dans rapports avec le public, comme un groupe amateur ou au moins, débutant. Ne pas se méprendre : il s’agit là un compliment. Cette simplicité dans la relation, cette facilité à ne pas surjouer mais à rester soi même, cette fluidité qui créé le lien en une seconde, même pour une formation que l’on voit pour la toute première fois, sont bluffantes. Rien ne semble calculé, tout contribue à cette impression de se retrouver en face d’un groupe de potes qui jouent ensemble pour le fun et pour des amis dont le public ferait partie. Très vite, le chanteur plaisante sur les problèmes techniques qui avaient marqué leur dernier passage juste avant de … casser une corde. Rires dans la salle, alors qu’il préfère poursuivre sa chanson sans changer de guitare pour ne pas en briser la magie.
Car c’est bien de magie dont il s’agit, dès qu’on entre dans le monde-musique de Karkwa. A l’exact opposé du sentiment de « bon pote amateur », c’est au contraire l’évidente capacité du quintet à se hisser d’emblée au panthéon des plus grands groupes qui s’impose dès les tous premiers titres. Portée par des harmonies vocales souvent éblouissantes, la musique est atmosphérique et rock, planante en diable. Le clavier habité crée des ambiances aériennes revenues d’un âge oublié, celui où Talk Talk nous embarquait dans sa bulle pour ne plus nous lâcher. La batterie se double de percussions qui ramènent aux rythmes indiens pour mieux conduire les crescendos de la transe, sans jamais tomber dans les affres de la cacophonie. La guitare réussit le tour de force d’adoucir une saturation à la My Bloody Valentine derrière un son nouveau, plus apaisé, qui le sublime sans le masquer. L’ingéniosité mélodique est là aussi, c’est de plus en plus évident à mesure que les titres s’enchainent et que l’on sait déjà qu’on les retiendra. Les arrangements sont aussi raffinés que créatifs, de ceux que ne renieraient pas Animal Collective, alors que chacune des chansons possède une structure qui lui permettrait en même temps d’être interprétée très simplement, à la seule guitare folk. Les chœurs et les instruments se mêlent pour des constructions pyramidales superbes d’intensité, jusqu’à ce que naisse l’émotion. Quant à la voix, elle est parfaitement maîtrisée et se fait tour à tour chuchotée ou puissamment belle, comme seul un chant lyrique qui n’en aurait pas les défauts pourrait s’en prévaloir. Et que dire, pour finir, du très joli dernier titre, sinon qu’intitulé Le Vrai bonheur et repris en communion par une salle conquise, il doit s’approcher de très près de la perfection en matière de final, tellement qu’on le fredonnera encore longtemps après dans les rues de Paris puis dans le métro, sur le chemin du retour…
Au total, c’est plutôt un carton plein, à condition toutefois de franchir la barrière du couple textes singuliers en français / accent québécois qui focalise sur lui l’attention au détriment de la musique. Un comble, il est vrai.
Le groupe, finalement, semble être passé par une sorte de laboratoire expérimental pour tirer la substantifique moëlle d’éléments qui ne convenaient pas dans leur état brut, tout en en conservant l’essentiel et la force. Ainsi il faut être particulièrement brillant pour aligner deux batteries sans le bruit qui devrait en résulter, faire du rock sans rugosité mais sans mièvrerie non plus, de la variété mais avec des textes hyper travaillés, du lyrisme sans grossière emphase, ou encore déployer une puissance live qui resterait agréable à l’oreille des plus mélomanes. A ce niveau d’innovation, les Karkwa n’ont rien à envier à Sufjan Stevens dont ils mentionnent régulièrement l’influence.
Autant « indé » qu’incroyablement grand public, donc, comme on l’imaginerait d’une fusion de Coldplay et Radiohead qui mettrait tout le monde d’accord, on voit facilement Karkwa accélérer encore un peu dans les prochaines années pour s’imposer définitivement comme un groupe majeur.
Si un seul « band » au monde pouvait bien passer outre le souvent rédhibitoire usage du français pour tout emporter à l’international, il y a fort à parier qu’il aura l’accent québécois…
[NDLR] Karkwa sera également en concert aux Eurokéennes de Belfort le dimanche 3 juillet 2011

Karkwa, La Maroquinerie, Paris le 29 juin 2011

Voici une article que j'ai honteusement pompé ;) sur l'excellent site Zdar de Benoit Darcy et écrit ici pour une fois par Loîc Suty auteur-compositeur, voix et guitariste, à l’origine non moins excellent groupe Kitch Device.  Benoit et Loïc sont deux grands fans et fidèles supporter de Karkwa en France avec d'autres amis dont la liste serait un peu longue à dresser ici, ils se reconnaitront ;) [Gabnews]

Cela faisait quelques mois que l’on avait pas eu le plaisir de voir Karkwa en France. La dernière fois, j’étais allé les voir à Bruxelles. Ils y faisaient une première partie à l’Ancienne Belgique. Quarante minutes d’un show intense, dans une salle au son superbe. Les gars étaient repartis aussi sec en direction de la Suisse pour un show le lendemain…
Et nous en direction de la France avec la chanson routière « Les Chemin de Verre » à fond dans la caisse. Quelques jours avant, c’est à deux concerts au Divan du Monde que l’on avait eu le plaisir de venir. Le premier dans le cadre du MaMa, nouvelle messe pro Parisienne plutôt sympathique, le second organisé par des amis du groupe en dernière minute deux jours plus tard. J’avais participé avec joie à l’aventure. Génial de se voir proposer un second soir la salle par un programmateur conquis par le groupe. Génial de voir se mobiliser autour du concert une quinzaine de personnes. Et génial d’avoir un groupe partant pour jouer dès que possible… Ce mercredi de d’octobre 2010 au Divan du Monde avait été énorme.
Et puis plus rien jusqu’au 21 juin dernier : concert sur la place de la Bastille pour la fête de la musique et pour fêter les 50 ans de la Délégation Générale du Québec à Paris. Nouvelle claque. Puis Karkwa a fait l’aller-retour Paris-Montréal-Paris pour trois dates outre-atlantique, avant de revenir quelques petites heures avant le début du show du 28 juin, pour une prestation remarquable en ouverture d’Arcade Fire au ZénithKarkwa et Arcade Fire au Zéntih. Rien que ça. Le meilleur du francophone et de l’anglophone canadien réunis pour une même soirée à Paris.
Hier, c’est dans un cadre plus intime que Karkwa donnait un concert : La Maroquinerie. On se souviendra longtemps de ce passage par la belle petite salle parisienne de la rue Boyer. Après Jimmy Hunt et Blue RodeoKarkwa monte sur scène tambours battant avec « Le Pyromane » (titre d’ouverture de l’album Les Chemins de Verre, à paraître très prochainement en France), avant de s’engouffrer dans « L’Acouphène », le terrible « Les Chemins de Verre » puis « Moi Léger », « Le Compteur », « Marie tu pleurs », « L’épaule », « 28 jours », « Le Bon Sens », « Le Vrai Bonheur » puis « Oublie Pas » . Un set encore trop court, mais impossible pour des questions de timing et de salle de faire plus long…
On a malgré tout pu prendre en pleine face la puissance et la maîtrise du quintette, constaté  la progression continue du groupe depuis des années, de plus en plus maître de lui-même, de plus en plus fin, contrasté. Plus léger, plus fort, plus planant. Comme à l’écoute du nouvel album, on se dit encore que plus on fréquente Karkwa, plus on voit Karkwa devenirKarkwa. Et de les voir assumer leur langue avec une fierté admirable, la faire chanter différemment, la faire aller à des milliards de kilomètres des canons à eau croupissante du Rock Français; genre qui n’a finalement pas enfanté grand chose de correct depuis la mort cérébrale de Noir Désir, mis à part peut-être un single sympathique de Deportivo et quelques autres accidents de l’histoire.
Alors voilà : Sigur Ros et consorts ont fait pour l’Islandais ce qu’aucun français n’a pu faire pour le Français. D’autres francophones s’en chargent, et c’est tant mieux. Karkwa est à mon sens depuis trois années le meilleur groupe de rock francophone – et cela ne fait que se confirmer à chaque concert…
On sort de ce concert chamboulé et heureux. Heureux de savoir qu’après avoir reçu le prix Polaris du meilleur album canadien (toutes langues confondues), après être allés chanter au Texas pour le SXSW, les voilà en route dans un tour bus pour une date à Londres, avant de revenir pour Les Eurocks et une date à Orléans.
Il ne nous reste plus qu’à espérer une tournée conséquente à l’automne pour la sortie d’un album qu’on ne finit pas d’attendre…

Photos du concert de Karkwa à la Maroquinerie, mercredi 29 juin 2011

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Setlist

  1. Pyromane
  2. Acouphène
  3. Les Chemins de verre
  4. Moi léger
  5. Le Compteur
  6. Marie tu pleures
  7. L’Epaule
  8. 28 Jours
  9. Le bon sens
  10. Oublie pas
  11. Echapper au sort

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vendredi 1 juillet 2011

Karkwa en France : Vous nous comprenez un peu quand même ?

Les Québécois de Karkwa seront eux aussi à l’affiche de nombreux festivals européens cet été. Après s’être produits place de la Bastille, dans le centre de Paris, à l’occasion de la Fête de la musique le 21 juin, c’est eux qui ont assuré mardi soir la première partie d’Arcade Fire.

« Nous sommes très très chanceux, a lancé le chanteur Louis-Jean Cormier au public parisien. Désolé pour notre accent à tirer au couteau. Vous nous comprenez un peu quand même ? »

« Vous comprenez ce qu’ils disent ? demandera aussi plus tard Win Butler en anglais. Merci beaucoup à Karkwa, c’est sympa d’avoir un autre groupe de Montréal en première partie. »

L’acouphène, Bon sens, Les chemins de verre, Kérosène : les musiciens de Karkwa ont joué une dizaine de morceaux de leur rock très mélodique. Mis à part un ampli qui a « toasté » à cause de la chaleur, tout s’est bien passé. « Merci d’apprécier aussi la musique en français parfois, et on vous laisse avec les géants du rock Arcade Fire ! » a conclu Louis-Jean Cormier à la fin de la première partie. Des géants dont ils suivront peut-être la route ?

Karkwa sera en tout cas en tournée un peu partout en Europe cet été, en commençant par un concert ce mercredi soir à la Maroquinerie, une petite salle de Paris.

Extrait de l'article "Arcade Fire fait danser la France" de Perrine Mouterde du journal de Montréal le 28/06/2011

Karkwa au Zenith de Paris le 28 juin 2011

Photos de Karkwa au Zenith de Paris le 28 juin 2011

Photos de Sarah Bastin, Le-Hiboo.com, Cliquez sur les miniatures pour voir les photos

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Avertissement: Ce blog à pour but de regrouper et archiver les articles parus sur le net à propos de Karkwa. Il est fait par amitié pour les membres du groupe et leur entourage. Les liens vers les sites et articles d'origine sont faits, les auteurs sont cités lorsque possible. Si quiconque se sentait lésé dans ses droits, il n'aurait qu'a me contacter pour que je puisse remédier à la situation.