Karkwa la grande réunion d'octobre 2017

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lundi 9 juin 2008

Karkwatson : échangisme musical


Trois des membres de «Karkwatson» (Stéphane Bergeron, Patrick Watson et Julien Sagot), hybride de Karkwa et du groupe de Patrick Watson, qui donnera trois spectacles cette semaine. Photo Steve Deschênes, Le Soleil

par Alexandre Vigneault / La Presse

Deux bandes d'amis se rassemblent pour monter un spectacle. L'affaire peut sembler banale. Elle ne l'est plus lorsqu'il s'agit des gars de Karkwa, ainsi que du songwriter Patrick Watson et de son groupe, deux des entités musicales les plus respectées du moment au Québec.

Le bouillonnement de la scène musicale montréalaise ne connaît pas les frontières linguistiques. Qu'on se tourne vers ce qui se passe du côté anglophone ou francophone, on trouve facilement de quoi se remplir les oreilles et passer du bon temps. Sauf que les amitiés débouchant sur des collaborations entre musiciens de ces deux univers demeurent assez rares.

Louis-Jean Cormier, chanteur et guitariste de Karkwa, se souvient d'avoir vu Patrick Watson chanter «dans un loft», il y a plusieurs années. Happé par sa musique, il n'a pas osé prendre contact avec lui. «J'étais tellement mauvais en anglais, et Pat, il parle tellement vite!» dit Louis-Jean, amusé. La glace a été brisée plus tard, notamment par le batteur Robbie Kuster et le claviériste François Lafontaine, qui se sont rencontrés au sein du Large Ensemble du jazzman Dan Thouin.

Des liens se sont tissés, si bien que c'est Patrick Watson qui s'est produit en première partie de Karkwa au Club Soda il y a deux ans, quelques mois avant la sortie de Close to Paradise, son deuxième album. Mais même l'amitié peut avoir besoin d'un entremetteur. C'est à l'invitation du Festival du voyageur de Saint-Boniface que le groupe de Patrick Watson et Karkwa se sont mêlés l'un à l'autre pour la première fois, à l'hiver 2007.

«Ça a donné une demi-heure de show bien intense», se rappelle Louis-Jean. À en juger par la largeur de son sourire, l'expérience fut concluante. D'où cette série de trois spectacles programmés cette semaine à Québec (le 12, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre) et à Montréal (les 13 et 14 au National).

Karkwatson, c'est bien plus qu'un nom et un concept: c'est une bête hybride qui rassemble neuf musiciens. François Lafontaine (claviers), Stéphane Bergeron (batterie), Martin Lamontagne (basse), Julien Sagot (percussions) et Louis-Jean Cormier (chant et guitare) du côté de Karkwa. Robbie Kuster (batterie), Michka Stein (basse) Simon Angell (guitare) et Patrick Watson (chant et claviers) pour... Patrick Watson.

«On a la même vibe de band», dit Michka, pour justifier la collaboration entre les deux groupes. «Il y a des ressemblances évidentes dans le lyrisme et l'utilisation de la voix de fausset, ajoute Louis-Jean. On a tous les deux des influences britanniques qu'on ne peut pas mettre de côté et, aux claviers, Debussy, Steve Reich et Philip Glass. Quand j'écoute Patrick Watson, je sens que je sais d'où ça vient et ça me fait triper.»

Sur la scène du National, tout ce beau monde va participer à une grande séance d'échangisme musical. Patrick Watson va chanter du Karkwa en français, alors que Louis-Jean Cormier - qui doit avoir appris l'anglais depuis - va interpréter une chanson de Patrick Watson. Comme il y aura deux basses, deux batteries et pas mal de claviers, on imagine assez facilement que des pièces de l'un ou l'autre groupe seront réarrangées pour un... supergroupe. «Mais il n'y aura pas neuf musiciens sur scène pendant tout le show», précise d'emblée Robbie.

Fait inusité, il est même question de pièces inédites. Patrick Watson, qui prépare son prochain disque, a mis quelques-unes de ses idées dans les mains de Karkwatson. Karkwa entend pour sa part mettre en jeu des chansons composées dans la foulée de la sortie de son excellent album Le volume du vent.

Et après? Karkwa va faire un saut en France, puis reviendra présenter quelques spectacles au Québec durant l'été. La vraie tournée débutera à l'automne. Patrick Watson et sa bande vont aussi faire un saut en Europe, aux Pays-Bas et dans un studio de la région parisienne. Leur sortie sous la bannière Karkwatson risque fort d'être la dernière avant la parution du prochain disque, attendu pour le printemps 2009.

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Karkwatson, en spectacle à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec jeudi et au National, vendredi et samedi, à 21 h.

dimanche 8 juin 2008

un peu de Karkwa sur le nouveau Thomas Fersen

Fred Fortin réalise le nouveau Fersen

Philippe Renaud /La Presse/ Collaboration spéciale

Thomas Fersen a trouvé au Québec de la main-d’œuvre qualifiée pour cuisiner son prochain disque. Attendu chez les disquaires en septembre prochain, le septième album studio de l’auteur-compositeur-interprète a été enregistré à Montréal l’automne et l’hiver derniers, avec des musiciens d’ici. C’est nul autre que Fred Fortin qui en assure la réalisation.

«Thomas connaît bien le Québec, il vient souvent ici», explique Fred Fortin, revenu à Montréal après avoir passé le mois d'avril en France à compléter le mixage et le matriçage du Fersen nouveau. «Il semble qu'il connaissait ce que je faisais, et qu'il aimait ça!»

Selon Fred Fortin, le confrère français a été séduit par le côté brut et minimaliste de ses premiers albums, par l'authenticité et «l'américanité» de la chanson du Bleuet. «Je crois qu'il a pris une chance en voulant enregistrer son album au Québec. Je ne peux pas dire que ç'a donné un album rock; par contre, c'est certainement un album plus dense et plus lourd que ce à quoi il nous a habitués», bien que ce nouvel album ne soit pas dépourvu de moments plus légers.

La première rencontre entre Fortin et Fersen s'est faite à salle de la Flèche d'Or de Paris, après un concert donné par Galaxie 500, groupe dans lequel Fortin était bassiste. «On a jasé, mais il ne m'a pas offert immédiatement de réaliser son album. Il me l'a plutôt demandé l'été dernier, lorsqu'il est venu jouer aux FrancoFolies. Je n'étais pas pour dire non...»

Pierre Girard a fait la prise de son durant l'enregistrement de ces onze nouvelles chansons, captées au nouveau studio du producteur Pierre Marchand (Sarah McLachlan). Une bande de musiciens aguerris ont tour à tour défilé dans le studio: les claviéristes Dan Thouin et François Lafontaine (Karkwa), le batteur Justin Allard, les guitaristes Jocelyn Tellier et Olivier Langevin, le percussionniste Julien Sagot (aussi de Karkwa) et le joueur de pedal-steel Joe Grass. Fortin a aussi joué de la basse et des percussions sur l'album, et le complice de Fersen, Pierre Sangra, joue du ukulélé.

«Thomas m'avait d'abord envoyé les maquettes de ses chansons, enregistrées juste avec la voix et le ukulélé, précise Fortin. J'ai fait une première production en enregistrant la batterie et la basse, et ça leur a tout de suite plu.» En octobre dernier, Fersen et les musiciens québécois ont passé deux semaines en studio, puis le Français est revenu en février pour une dernière semaine d'enregistrement.

«Je crois qu'il cherchait à vivre une nouvelle expérience, dit le réalisateur. Ça faisait un bout de temps que ça lui trottait dans la tête, enregistrer au Québec. Pour lui, c'était un trip, quelque chose de complètement différent de ce qu'il aurait pu réaliser s'il avait enregistré en France.»

«C'était une belle rencontre et une opportunité inespérée, ajoute Fred Fortin. Il m'a fait confiance. Pour un artiste aussi intègre que lui, ça demandait pas mal de résilience de s'abandonner à un groupe de musiciens qu'il ne connaissait pas personnellement.»

L'album, qui ne porte pas encore de titre, sera vraisemblablement suivi d'une tournée. Est-ce que des musiciens québécois l'accompagneront sur scène? «Je ne m'avancerais pas là-dessus, mais Thomas l'a évoqué», confirme Fortin sans pouvoir confirmer quoi que ce soit.


samedi 7 juin 2008

Karkwa et Patrick Watson : Bacchanale musicale

sur le blog du journaliste Claude André



Les musiciens de la formation Karkwa avec Loui-Jean Cormier en avant-plan

Bacchanale musicale


Deux bands, deux langues, deux univers similaires, une passion ; la musique. Les 9 musicos du collectif Karkwatson, fusion de Karkwa et du groupe de Patrick Watson, risquent de faire rouler les planètes.


Les Karkwatson, ça vient d’où ?


Louis-Jean Cormier de Karkwa : Les Watson, ça s’appelle Patrick Watson mais, en fait, il s’agit d’un groupe. Nous sommes amis depuis longtemps. Il y a deux ans, on s’était fait demander par Jim Corcoran, dans le cadre du Festival du Voyageur à Winnipeg, de créer ce collectif de 9 musiciens et de jouer des pièces de nos deux formations. On a fait une demi heure de show et nous avions les poils des bras dressés tant nous étions heureux et émus.


Comment vous êtes vous rencontrés, les deux bands ?


Robbie Kuster de Watson : Moi j’ai rencontré François (Lamontagne, claviériste de Karkwa) en jouant avec un groupe qui s’appelait Le large ensemble puis, ensuite, Louis-Jean s’est lié d’amitié avec Patrick Watson qui accompagnait souvent Lhasa dans des salles de concerts. Louis-Jean ajoute : Nous partagions, Karkwa et Lhasa, le même sonorisateur Mathieu Parizeau. Ensuite on s’est recroisé sur la tournée de Diane TellRobbie officiait comme batteur. Je l’avais engagé (Louis-Jean était directeur musical de la tournée Popeline de Diane Tell) car ils sont très rares les batteurs comme lui qui sont vraiment des musiciens. Robbie, c’est une pieuvre sur son instrument.


Donc le dénominateur commun entre vous tous, c’est que vous êtes de véritables fanas de musique…


Robbie Kuster: Non seulement on est des trippeux de musique mais en plus on partage pas mal les même goûts.


Et ça s’entend. On peut faire beaucoup de parallèles entre vos deux styles.


Robbie Kuster : Nous sommes deux groupes très individuels avec des sons particuliers mais c’est vrai qu’il y a des liens assez forts entre les deux, notamment en ce qui concerne les ambiances et les mélodies : François et Pat (Watson) ont une façon de jouer du clavier qui est assez similaire. Ils partagent les mêmes influences assez classiques : Debusy, Steve Reich, Satie, Phillip Glass… des affaires planantes.


Les différences entre les deux formations ?


Robbie Kuster : Karkwa est un peu plus rock. Nous les Watson nous sommes plus planant.



Patrick Watson «cadre» ses musicos dont Robbie Kuster avec le chapeau de cowboy et Mishka Stein coiffé du casque d'aviateur rouge.


Mais sur scène, Patrick Watson est beaucoup plus boute-en-train que Karkwa qui affiche une attitude propice à la froideur de leurs climats musicaux, non ?


Robbie Kuster : Ça va être parfait. Il n’y a pas de masque sur scène. Ça a déjà marché, alors…ajoute Mishka Stein, le bassiste de Watson. Nous aimons et adorons réciproquement la musique de chacun, précise Louis-Jean Cormier.


Personne ne va tirer la couverte de son côté ?


Louis-Jean Cormier : Ce qu’il y a d’intéressant, ce qu’il est souvent difficile de tricoter deux bassistes sur la même guigue. Mais Mishka et Martin s’entendent très bien.


Comment se déroulera l’enchainement des chansons et lesquelles seront sélectionnées ?


Louis-Jean : Ça ne sera pas conventionnel. Je ne pense pas que Karkwa jouera des chansons avec les seuls membre de notre groupe. Bien que nous ne serons pas toujours 9 musiciens à jouer en même temps. Il y aura des matchs. Pat et moi, par exemple, chanterons ensemble. Lui en français et moi en anglais. Il n’y a rien de plus craquant qu’un anglo qui chante en français. Et moi, mon petit accent de Sept-Îles n’est pas piqué des vers en anglais (rires). En fait, on se laisse ça ouvert. On veut faire trois soirées assez différentes. On a deux jours de répétitions avant le show de Québec.


Aurons-nous droit à des chansons inédites lors de ces rencontres particulières ?


Louis-Jean Cormier: Oui, environ six soit trois de chaque bord. Il y en a une, dont j’ai terminé le texte la semaine dernière, que je souhaite vraiment intégrer au spectacle. Je pensais à Pat (Watson) et à ce qu’on vit ces temps-ci en l’écrivant…Il n’y aura qu’une chanson des Tremblement s’immobilisent, et le reste sera tiré du Volume du vent du côté de Karkwa tandis que Watson fera 4 pièces de Close to Paradise.


Des reprises de d'autres bands ?


Louis-Jean Cormier : Nous n’avons pas pensé à ça tant nous sommes captivés pour nos répertoires respectifs et les inédits. Ah oui, c’est qui est trippant aussi c’est que les deux Mathieu (Roy et Parizeau) sont dans la vie nos sonorisateurs et éclairagistes mutuels. Ce sont eux qui seront au poste pour les trois soirées Karkwatson qui seront aussi captées mais on ne sait pas encore ce que on fera.


Quels sont les chansons que vous affectionnez particulièrement les uns des autres?


Robbie Kuster : J’adore «Dormir le jour». Le riff de guitare me fait haliciner et j’aime aussi beaucoup «La façade». Moi, c’est «Combien», lance Mishka Stein (Watson). Ma chanson préférée des Watson ?, C’est dur à dire soupire Louis-Jean. Il y en a une des inédites qui s’appelle Men Like Me qui est sublime. Ça va remplir les nids de poule tellement c’est beau. Sinon, je trouve que Drifters et Close to Paradise sont de grandes chanson.


Karkwatson, atomes crochus

Photo: Marie-Hélène Tremblay

de Philippe Papineau dans Le Devoir :

Les deux groupes Karkwa et Patrick Watson fusionnent pour trois soirs prometteurs

Ils se connaissent bien, s'aiment beaucoup, se ressemblent pas mal... et s'assembleront complètement, pour trois soirs seulement. Les quatre musiciens du groupe Patrick Watson et les cinq de Karkwa s'offrent une petite parenthèse dans leur parcours respectif pour joindre leurs armes et assouvir de nouveau ce fantasme musical où fusionneront les langues et les musiques. Le résultat? Appelez-le Karkwatson.

On dit «de nouveau» parce que cette heureuse réunion s'est déjà produite l'an dernier, à Winnipeg. Plus précisément à Saint-Boniface, de l'autre côté du pont Provencher, dans le cadre du Festival du voyageur. Jim Corcoran les avait alors réunis, et une partie de ce résultat a même déjà été diffusée à Artv, à l'émission Pour un soir seulement. Sur scène, les neuf musiciens y jouaient leurs pièces et celles des nouveaux alliés en totale symbiose, créant par le fait même du jamais entendu.

Assis sur un vieux sofa de son local de répétition, Louis-Jean Cormier, le chanteur de Karkwa, se tourne vers Robbie Kuster, le batteur et percussionniste de Patrick Watson, et confirme que c'est là que tout a commencé. «On avait tous les poils dressés sur les bras, avoue Robbie, dans un excellent français. Depuis ce moment-là, on voulait rejouer ensemble. On s'était tellement amusés... »

Mais comme Karkwa enregistrait son nouvel album -- Le Volume du vent, paru en avril -- et que Patrick Watson parcourait le monde, une nouvelle communion était plutôt improbable. En cette mi-juin 2008, toutefois, Watson et sa bande se posent au Québec pour préparer un nouveau disque, tandis que Karkwa n'a pas encore commencé la tournée de concerts prévue pour faire découvrir son nouveau-né. Les astres s'alignent donc de nouveau, pour notre plus grand bonheur.

Le courant passe

Entre les deux formations, il y a plusieurs atomes crochus, musicalement autant qu'humainement. La plupart des musiciens se sont d'ailleurs déjà croisés ici et là. Dans le groupe de Diane Tell, en 2005, et dans le Large ensemble -- un collectif jazz. Plus récemment, Patrick Watson a chanté sur Le Volume du vent et Robbie Kuster a joué sur le premier disque de David Marin, réalisé par... Louis-Jean Cormier. Puis Cormier vient de réaliser un disque-hommage à Gaston Miron, où son collègue François Lafontaine et Kuster étaient musiciens.

«On partage les mêmes influences, dit Louis-Jean Cormier. Avec Karkwa, on est plus rock, mais tout le côté planant, c'est vraiment ça qui nous relie. Et c'est aussi étonnant de voir à quel point les membres des Watson et de Karkwa ont le même tempérament.» Paraît donc que les bassistes Martin Lamontagne et Mishka Stein sont plutôt réservés, que les deux batteurs Stéphane Bergeron et Robbie sont les gentils garnements, que les guitaristes Cormier et Simon Angell sont de connivence et que les pianistes François Lafontaine et Patrick Watson ont des façons de faire très similaires.

Ne reste que le percussionniste de Karkwa, Julien Sagot, qui se liera sans peine à la section rythmique de ce concert. «Elle va avoir un gros apport, assure Robbie Kuster. En tout, il y a un marimba, deux batteries, un set de percussions et un vibraphone. Nous, on aime appeler ça le Steamship... le Karkwatson Steamship

Pour les trois concerts prévus -- le 12 juin au Grand Théâtre à Québec et les 13 et 14 juin au National à Montréal --, les neuf musiciens de l'alliance Karkwatson se gardent bien de tout planifier au millimètre près. «Ça va être un terrain de jeu, à la limite un laboratoire», explique Louis-Jean Cormier.

Les chansons sont tout de même déjà choisies, et chaque groupe connaît bien le répertoire de l'autre. Au menu, Patrick Watson chantera en français, et plusieurs titres inédits seront interprétés. «Comme les gars de Patrick Watson commencent à faire leur prochain disque, ils ont pas mal de matériel nouveau, explique Cormier. Nous, on vient de sortir un album, mais François et moi, on fait tout le temps de nouvelles chansons, alors on va piger là-dedans. Et il y en a une que j'ai écrite en pensant à Karkwatson, elle est vraiment faite pour le show.»

La nouvelle entité n'aura que deux petits jours de répétition avant le premier concert. Casse-gueule, la fusion? «Ça ne sert à rien de se mettre à paniquer, notre métier, c'est d'être musiciens, rassure Louis-Jean Cormier. On a beau jouer au Grand Théâtre de Québec, on va y jouer comme si on était à L'Escogriffe», une toute petite salle de la rue Saint-Denis, à Montréal.

Pour que cette expérience survive au-delà de ces trois soirs, les concerts seront enregistrés, dans le but de faire paraître un album live. Déjà, les deux maisons de disques de Karkwa et de Patrick Watson sont en discussion. «On va enregistrer, on va mixer, et on va voir à quoi ça ressemble, dit Cormier. Si ce n'est pas bon, on ne le sort pas, mais si c'est bon, je ne veux pas voir quelqu'un nous freiner.»

Le Devoir

Karkwatson

Le 12 juin au Grand Théâtre de Québec, 28,50 $

Les 13 et 14 juin au National, à Montréal, 25 $

vendredi 6 juin 2008

Le milkshake musical de Karkwatson

Photo : Steeve Duguay/Métro : Louis-Jean Cormier, de Karkwa, avec Mishka Stein et Robbie Kuster, musiciens de Patrick Watson

Véronique Leduc, Métr0, le 06 juin 2008

Entre mille et un projets, Karkwa et le groupe de Patrick Watson ont trouvé le temps de se courtiser et de s’apprivoiser pour finalement s’unir le temps de présenter deux spectacles intitulés Karkwatson.

La complicité des deux groupes n’est pas nouvelle; Patrick Watson a même participé au dernier album de Karkwa, mais c’est la première fois qu’ils décident de présenter sur scène le résultat de leur collaboration. Deux des musiciens de Patrick Watson, le batteur Robbie Kuster et le bassiste Mishka Stein, ainsi que Louis-Jean Cormier, la voix et la guitare de Karkwa, ont tenté de démystifier le concept Kark­watson.

D’où vient l’idée de cette collaboration?

Louis-Jean Cormier : Ça fait longtemps qu’on est amis et qu’on apprécie la musique les uns des autres. Il y a deux ans, à Winnipeg, on nous a demandé de faire un mélange des deux groupes pour un spectacle télévisé. On était neuf musiciens. On avait fait seulement 30 minutes, mais on avait vraiment tripé.

En quoi trouvez-vous que votre musique se rejoint?

Louis-Jean Cormier : Je trouve que la voix de Patrick Watson et la mienne se rejoignent puisqu’on se tient tous les deux dans les hauteurs. Il y a aussi nos influences musicales qui se rejoignent. Mais ce que je trouve le plus le fun dans notre collaboration, c’est le fait de jumeler un groupe anglophone et un groupe francophone; ça donne un résultat très métissé.

De quoi sera fait le spectacle Karkwatson?

Robbie Kuster : En fait, on a prévu un genre de carré de sable dans lequel on peut s’amuser; on sait quels instruments il va y avoir et quelles chansons on va faire, on sait qu’on va varier le nombre de musiciens sur scène, mais à l’intérieur de ça, on veut se laisser une certaine liberté. On jouera autant des compositions de Patrick Watson que de Karkwa. On jouera même des compositions inédites de chacun des deux groupes, dont une dans laquelle les deux groupes ont écrit des bouts de texte.

Louis-Jean Cormier : Sur la scène, on va essayer de faire des «matchs» intéressants en mélangeant les groupes. Avec deux guitares, deux basses, deux claviers, deux chanteurs, un vibraphone et un marimba, il y a moyen de s’amuser!

Robbie Kuster : Le but de tout ça, finalement, c’est de s’amuser. Il n’y a aucun but promotionnel.

Peut-on envisager d’autres projets communs aux deux groupes?

Louis-Jean Cormier : En fait, les spectacles seront enregistrés dans le but de peut-être en faire un album live.
Robbie Kuster : Il y a plein de possibilités de collaboration entre nous parce qu’on travaille bien ensemble.

Karkwatson Au National Les 13 et 14 juin

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