Karkwa la grande réunion d'octobre 2017

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samedi 26 avril 2008

Karkwa garde le cap avec Le volume du vent

Oui, on peut parler de maturité musicale, de recherches vocales et de production léchée sur ce troisième opus du groupe prog/pop Karkwa, et on peut surtout parler d'évolution de la part de ces cinq jeunes hommes dont la «vraie vie» ne fait que démarrer.

Intéressante cette entrevue avec Stéphane Bergeron (batterie) et François Lafontaine (clavier), de passage à Gatineau cette semaine. Stéphane et le chanteur et guitariste Louis-Jean Cormier, étaient venus il y a deux ans expliquer la genèse de Les tremblements s'immobilisent, qui s'est finalement écoulé à 18 000 copies. Un bon pas pour le quintette, qui n'avait assurément pas la prétention de devenir les rois québécois de la pop-progressive planante aux épices britanniques!

Intéressante cette entrevue, car les Karkwaïens semblent avoir trouvé leur identité avec cet album d'où le temps et la métropole transpirent allègrement. Il est toujours fascinant de constater que chaque échelon gravi par un artiste «pas pressé» est une épreuve qui le mène à la prochaine, qui elle, sera encore plus ardue. D'étape en étape, cette boule de talent, qui trimbalait elle-même son matériel dans la valise de sa voiture à -30, s'approchera du rêve de tout artiste: être assez «big» pour engager ses propres techniciens et aspirer à une longue et fructueuse carrière.

À travers les exténuantes tournées qui les plongent dans un univers parallèle où le jour se mélange avec la nuit, l'apprentissage musical et la complicité qui les unissent se sont consolidés. Bien que Stéphane et François partagent humblement ces treize nouvelles découvertes avec leurs collaborateurs techniques, qui ont transformé le studio en paradis pour eux, ils ne peuvent cacher que l'approfondissement du son sur Le volume du vent est le résultat d'une communion des cinq.

«On s'est jamais demandé ce qu'on faisait pour le prochain album. On fait une toune de temps à autres, on les intègre dans les spectacles tranquillement et en studio, on a du recul et on peut faire du fignolage», explique Stéphane. Les musiques sont trouvées en premier et Louis-Jean Cormier laisse sortir la poésie urbaine quand son esprit la libère. Cela peut arriver à tout moment, et les gars demeurent à l'affût, se parlant ou se voyant à chaque semaine. Grâce à cette proximité, les sessions de pratique ou d'enregistrement sont plus facilement prévisibles.
«On fonctionne de manière spontanée, instinctive. Moi, je me donne des objectifs, mais le moment que tu amènes tes idées dans le local, tout peut arriver! Et en plus, on se connaît bien, alors on se parle sans détour et on règle les problèmes avec quelques mots seulement. Et ce qui est super, c'est que maintenant, les 'premiers jets' marchent presque tout le temps très bien. Ce sont des versions quasiment finales!», lance François. «Après, tu sculptes, tu gosses dans les coins. Moi, c'est ce que j'aime le plus», ajoute Stéphane.

Le batteur insiste sur le fait que si Karkwa commence à se stabiliser à travers cette épaisse jungle qu'est le showbizz, le son du groupe, lui, ne sera jamais figé. «On veut tellement en faire plus des albums, au moins 30! Surtout qu'on vieillit, on voit pas les choses de la même façon. On sait pas, peut-être que notre huitième sera une trame sonore juste instrumentale…»

En attendant ce possible opus, François et Stéphane essaient de garder la tête froide en orchestrant leur vie de jeune famille et en respectant les «dates butoir» de création (studio, lancement, shows). «Tu sais, on vit dans une espèce de marginalité, un autre 'pattern', un autre monde. Tu reviens de tournée et tu te rends compte que ta mère a plus de cheveux gris et que la blonde de ton chum est enceinte… Tout ça est déstabilisant, alors il faut décompresser», admet Stéphane.

François, lui, confesse que le «workaholisme» l'a envahi, mais qu'il est en voie de guérison! Enfin… peut-être.

par Patrick Voyer le 15 avril 2008

Le Volume du vent

Après la surprise Les Tremblements s'immobilisent en 2005, Karkwa confirme son immense potentiel sur Le Volume du vent, un album plus homogène aux arrangements (piano, violons, xylophone, guitares, percussions) tout aussi complexes que mélodiquement sans reproche.

C'est d'ailleurs la grande force du guitariste/chanteur Louis-Jean Cormier et du claviériste François Lafontaine: transformer des mélodies inspirées en d'oniriques crescendos émotionnels quasi symphoniques. Précis, raffiné, ambitieux, ouvert sur le rock britannique, la musique minimaliste de Steve Reich ou la folk plus fragile de Sufjan Stevens, Karkwa compte parmi les meilleurs groupes de la province. De la haute gastronomie pour les tympans.

Olivier Robillard Laveaux


Karkwa est un jardin de givre

Implantés dans la scène montréalaise francophone depuis maintenant 10 ans, le temps est venu pour Karkwa de convaincre les plus exigeants mélomanes d'entre tous. Bien que leur album précédent, Les tremblements s'immobilisent, ait connu un succès commercial considérable, le quintette n'était pas encore au sommet de son art et c'est avec Le volume du vent qu'on saisiera réellement la qualité des cinq musiciens.

Dans des tons froids, aux couleurs de la pochette, un voyage s'amorce. Le compteur donne la température de départ: il fait -30°C et pourtant, l'air est bon et le vent, juste frisquet. Climat stable jusqu'à la toute fin; sauf peut-être pour un léger réchauffement le temps de Dormir le jour, Le volume du vent n'en reste pas moins chaleureux et accueillant. Chaque pièce camouflant son lot de surprises, chaque pièce étant la suite logique de la précédente et faisant clairement partie d'un tout, l'album en entier a très peu de moments creux et encore moins de faux pas. C'est en oscillant entre plusieurs sonorités, effets et instrumentations afin de mieux expérimenter le côté organique des ambiances polaires que le groupe renverse. Ils trouvent le moyen de créer un univers hivernal, glaçant, dans lequel ce -30°C est des plus agréables.

Sur Le volume du vent, les voix sont traitées avec une si grande minutie qu'elles en sont visiblement considérées comme un instrument à part entière. Elles sont souvent accompagnées (Patrick Watson, Elisabeth Powell, Marie-Pierre Fournier, chorale d'enfants improvisée) et travaillées, mais n'en diluent pas moins les écrits qui, en général, sont paufinés avec soin. Les mélodies planantes enveloppent et accentuent le pouls ; d'autant plus que le lexique favorisé est en accord avec l'univers présenté. Respirer, froid et vent sont à la base des textes; tous signés Louis-Jean Cormier excepté Le solstice, adaptation d'un poème de Pierre Nepveu qui, justement, a donné naissance au titre du disque.

À écouter dans le noir, à l'aube de n'importe quelle saison et lorsque nous désirons le temps chaud, froid ou le temps froid, chaud. Éclosion à mi-temps, Karkwa est un jardin de givre dont les fleurs n'ont pas fini d'épater.

Par: Opale Lavigne le 10 avril 2008, Par: Opale Lavigne

Entre bises et bourrasques

LE VOLUME DU VENT, DE KARKWA
© Photo Reine-May Crescence/Canoë
Journée chargée pour les membres du groupe Karkwa qui étaient de passage à Québec aujourd’hui pour promouvoir leur plus récent album Le volume du vent dans les bacs des disquaires depuis le 1er avril. On les a surpris attablés autour d’une grande table d’un restaurant de la ville, prenant leur petit-déjeuner dans une ambiance décontractée, le sourire aux lèvres, l’air content. Karkwa peut laisser son stress au vestiaire, car l’accueil plutôt flatteur réservé à leur dernier opus augure de bons présages.

Univers organique

Le volume du vent fait la une de la presse culturelle et le groupe est considéré comme l’une des valeurs sûres de la musique pop-rock québécoise. Il est vrai que cet album qui arrive un peu plus de deux ans après Les tremblements s’immobilisent (2005) ne laisse pas indifférent parce qu’il est justement différent de ce qu’on qualifie de rock. On plonge avec bonheur dans l’univers expérimental et organique de Karkwa truffé de bruitages et de sons répétitifs, d’ambiance planante et vaporeuse, d’arrangements toujours aussi efficaces. Si les envolées rock de cet album paraissent moins lourdes que sur le précédent, «ce n’était pas voulu», exprime Louis-Jean Cormier, le guitariste et chanteur du groupe. «Notre musique est instinctive, elle correspond à l’ambiance dans laquelle on se trouvait à ce moment-là. On écoute beaucoup de folk américain, ça a dû nous inspirer», poursuit-il

Par contre, le minimalisme des textes, tous signés par Louis Jean Cormier (sauf Le Solstice, poème de Pierre Nepveu), est voulu. «Le défi est justement d’écrire des choses qui ne sont pas touffues pour laisser la place à la musique. On veut créer ou suggérer une atmosphère. Notre création est ancrée dans le présent et chaque chanson est laissée à l’imagination des musiciens. Le riff est là ainsi que la ligne directrice, mais chacun y apporte son idée. Tout le monde s’exprime et nous travaillons de manière spontanée», avoue François Lafontaine, le claviériste du groupe.

D’ailleurs, la rencontre avec les élèves de l’école Saint-Arsène qu’on entend sur la dernière chanson À la chaîne s’est faite spontanément. «Ce n’est pas une chorale professionnelle. Quand on a composé la chanson, l’idée était d’y rajouter une chorale. Il y avait une école juste à côté de chez Mathieu Parisien où on a mixé l’album. Le directeur a été d’accord pour qu’on enregistre avec les élèves dans le gymnase», raconte François Lafontaine.

Le présent et l’avenir

En plus de collectionner de nombreuses distinctions, dont les plus récents sont le prix Félix Leclerc 2006 remis dans le cadre des Francofolies de Montréal et le prix Dédé-Fortin 2007 décerné à des auteurs-compositeurs de la scène émergente, Karkwa trouve écho à l’étranger.

Le groupe a déjà donné plusieurs prestations en France, essentiellement dans des festivals en Bretagne, à Brest et sur la scène marginale. En faisant la première partie des Cow-boys Fringants qui cartonnent là-bas, ils avouent que les gars leur ont rendu un «sacré service», car l’objectif est de ratisser large même si le vaste marché français est difficile d’accès. «Le marché là-bas vit actuellement une grosse crise. Pour percer, il faut qu’on parle beaucoup de toi. Notre nom commence à se propager, c’est tout. Naïvement, nous irons là où on nous invite, car notre volonté est d’exporter notre musique», expliquent Louis-Jean Cormier, François Lafontaine et le batteur Stéphane Bergeron.

Ce n’est pas plus facile aux États-Unis. «Dans cet autre marché, c’est la barrière de la langue qui pose problème. Il faut s’associer à de gros groupes américains pour espérer faire de grosses soirées rock ou créer un buzz médiatique. Pour l’instant, nous faisons souvent des tournées dans les collèges et c’est super épuisant, mais nous y croyons», poursuivent les musiciens qui ne comptent plus les kilomètres avalés sur la 20 ou la 40 qu’ils ont emprunté à maintes reprises.

Est-ce qu’ils iraient pour autant chanter n’importe où, comme à la fête du Canada par exemple? «On peut aller jouer là tout en ayant des idées séparatistes. Chaque membre du groupe a sa propre conviction politique et on ne veut pas que cela empiète sur notre musique. Je ne sais pas par contre si on irait jouer à une fête organisée par la Chine. À la différence, le Canada n’est pas un pays qui maltraite les gens et on ne refusera pas une belle scène qui nous permette d’évoluer musicalement. C’est ce qui est le plus important. Par contre, on a fait des tournées dans les universités pour promouvoir le vote et inciter les jeunes à être de bons citoyens, ce qui n’est pas pareil. Nous ne sommes pas un groupe engagé comme tel, on s’engage dans des thématiques et on invite les gens à la réflexion à travers nos textes», précisent les musiciens.

Karkwa devrait se retrouver sur quelques scènes à Québec cet été, mais rien n’est confirmé. Les seules certitudes sont le Grand Théâtre en décembre et une tournée en France à la mi-juin et des spectacles du côté de la Gaspésie en août.

Reine-May Crescence 09-04-2008

Nouveauté musicale: Karkwa, Le volume du vent

Troisième disque pour la formation québécoise Karkwa. Et à l’écoute de ce nouveau CD, un constat: Le volume du vent se lève et entraînera rapidement Karkwa vers les plus hauts sommets musicaux.

Dès la première écoute, on perçoit beaucoup plus de ressemblance entre ce troisième disque et le précédent (Les tremblements s'immobilisent) qu’il pouvait y en avoir entre les deux premiers opus de la formation. On retrouve donc sur le nouveau disque cette même pop accrocheuse, ce même goût pour le rock style Radiohead, ce même lyrisme dans la voix de Louis-Jean Cormier, cette même présence soutenue de la guitare et des claviers. Cette continuité est voulue et souhaitée par les membres du groupe et sert aujourd’hui de balise pour les fans, qui peuvent maintenant reconnaître le « son Karkwa ».

Ce troisième disque vient également consolider la place du groupe sur l’échiquier musical, faisant de Karkwa « LE » groupe de rock québécois au côté de Malajube. Deux styles complètement différents, certes, mais qui sont en même temps le résultat d’un travail professionnel et d’une passion hors du commun.

Le volume du vent
ne comporte aucune faiblesse. Les textes sont encore un peu « vaporeux » dans la forme, mais on ne peut dire qu’il s’agit d’un moins pour Louis-Jean Cormier. En fait, si on l’imbrique avec la texture musicale offerte par les musiciens, ça s’avère même être un plus. À chaque écoute, une parcelle des compositions, textes et musique, se dévoilent. Rapidement, vous conviendrez comme nous que Le volume du vent est jusqu’ici, le meilleur album de la cuvée 2008, sur le plan national ET international!

Pour entendre Karkwa: www.myspace.com

Pour lire notre entrevue avec le groupe: www.montrealexpress.ca

par Philippe Beauchemin le 9 avril 2008

Messages les plus consultés

Avertissement: Ce blog à pour but de regrouper et archiver les articles parus sur le net à propos de Karkwa. Il est fait par amitié pour les membres du groupe et leur entourage. Les liens vers les sites et articles d'origine sont faits, les auteurs sont cités lorsque possible. Si quiconque se sentait lésé dans ses droits, il n'aurait qu'a me contacter pour que je puisse remédier à la situation.