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mardi 18 août 2009

Neo-nostalgie et création indépendante

La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, par Marc Desjardins

C'est Frank Zappa qui disait, il y a bien trente ans, que la nostalgie devenait tellement omniprésente dans nos vies que, d'ici peu de temps, on allait s'ennuyer du moment où on s'était brossé les dents, le matin-même. La boutade est typique du ton sarcastique habituel du maître de la création indépendante mais j'y ai toujours souscrit, obsédé que je suis par la modernité, l'inventivité et la découverte. C'est lorsqu'on a annoncé cette semaine qu'on allait ressortir «Le village de Nathalie» en DVD que j'ai eu l'impression qu'on avait atteint un point de non-retour dans la nostalgie...

(...) la génération qui m'avait redonné confiance en la création actuelle avec les Karkwa, Radiohead, Tricot Machine, pour ne citer qu'une infime partie de la section musicale de cet univers dont la mouvance me parle?

De la même manière je n'arrive pas à comprendre la popularité de la musique des années '80 ou du décor urbain vinylique de la même époque chez les jeunes branchés actuels. Après tout, quand on a su réinventer le design et en faire un forme d'art, quand on a redonné le edge essentiel à la danse et au théâtre actuels, quand on a enfin trouvé le moyen de rendre les volutes synthétiques éloquents et vivants sans tenter de copier des instruments acoustiques, pourquoi s'empêtrer dans les fleurs des carpettes de phentex d'une époque désertique de la création?

J'étais là dans les années '80... Pire, j'étais critique musical et journaliste et Dieu que je trouvais souffrant de devoir écouter tous ces Flock of Seagulls, a-ha et autres sous-Gary Numan du moment, en plus de devoir interviewer des gens qui étaient plus des poseurs que des créateurs. Le glam-rock, l'électro-n'importe-quoi et le plastique qui les enveloppaient ressemblaient plus à des dérives qu'à des avancées. (Vous me direz qu'il y avait le punk, mais ça c'est autre chose, c'était d'abord une merveilleuse rébellion créative avant d'être récupérée et, de génération en génération, elle renaît comme un cri du coeur.)

Ce que je ne comprends pas de cette nostalgie de la part d'une génération qui, justement, me séduit et me stimule parce qu'elle semble vouloir poursuivre ailleurs que dans les traces de la mienne, c'est qu'elle se fait ses souvenirs dans la partie du passé qui ne lui est pas propre mais bien plutôt le fruit de ses parents.

Évidemment, la nostalgie a toujours existé depuis qu'on peut emmagasiner des souvenirs ailleurs que dans sa tête et je n'ai qu'à penser aux gens de mon âge qui n'arrêtent pas de me dire que la musique était bien meilleure dans notre temps... Non! Désolé la gang, la musique est bien meilleure, bien plus inventive et audacieuse aujourd'hui. Vous pouvez écouter vos vieux Zeppelin comme on écoute des classiques mais ils font partie de l'histoire et il y a tellement plus de souffle dans toute la planète musicale qui peut se situer entre Imogen Heap et Lily Allen ou entre Karkwa et Alexandre Désilets... Il faut avancer... Par contre, cette nostalgie elle est le fait de vieux croûtons comme moi qui se rassurent avec ce qui a fait le moment de leurs plus grandes audaces. (...)

Extrait de l'article de Marc Desjardins, Branchez-vous.com, le samedi 15 août 2009

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